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Autrefois...
La plupart des grands escarpements rocheux que l'on voit dans les Monts d'Or et que certains appellent des falaises sont d'anciens fronts de carrières. Ils n'ont par conséquent rien de « naturel » et sont tout simplement le résultat de l'exploitation de gisements de pierres destinées à la construction.
Les carrières des Monts d'Or sont très anciennes. L'aqueduc romain des Monts d'Or, qui traversait ce massif calcaire pour alimenter Lugdunum (Lyon) en eau, a certainement nécessité l'ouverture de sites d'extraction de la pierre.
Plus tard, l'activité s'est poursuivie dans les carrières, bien que très variable selon les époques. Ainsi, pendant le XVIème siècle (La Renaissance), la demande de pierres a été très forte pour la construction de nombreux monuments publics et privés à Lyon. Des maçons italiens (en fait Bressans, Savoyards, Piémontais, Lombards) sont venus renforcer la main d'oeuvre locale. On les appelait les muratori (constructeurs de murs). Les Morateur sont des familles de carriers.
Le deuxième exemple est plus récent. Après une période de chômage aigu provoquée par la révolution de 1848, l'extraction s'est développée à tel point que des centaines d'ouvriers de la pierre travaillaient de la masse et du ciseau dans les carrières, entraînant dans leur sillage forgerons, maréchaux-ferrants, voituriers sur les chemins, sapiniers sur la Saône (les sapines étaient des bateaux adaptés au trafic des matériaux).
Ainsi, dans ses mémoires, un habitant de Couzon disait « J'ai vu à Couzon, au moment où l'on construisait les forts de Lyon... Jusqu'à 600 ouvriers dans nos carrières... Aujourd'hui (début du XXème siècle), on y trouve bien encore 5 à 6 ouvriers, tous à barbe blanche, et pas un apprenti ».
L'activité s'est alors éteinte : manque de terrains exploitables, préférence marquée pour le travail en usine à Vaise et dans les autres quartiers de Lyon. La création des lignes de tramways à partir de Saint-Didier, de Saint-Cyr et sur les bords de la Saône, favorisaient ces placements. Il faut ajouter la concurrence accrue des carrières lointaines (Bourgogne et vallée du Rhône) par suite du développement des voies ferrées, et l'avènement du ciment artificiel qui évinça peu à peu les constructions de pierre.
Au début de ce nouveau millénaire, un seul doigt suffît pour compter les carrières en activité : la seule qui subsiste se trouve sur les pentes du Mont Py.
L'exploitation des carrières, l'omniprésence de la pierre, la transformation des reliefs et des sols. la modification des idées et des comportements ont conféré aux Monts d'Or lyonnais une physionomie et une identité très particulières.
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