Histoire d’Albigny sur Saône, balcon montagnard sur la Saône.


C’est à Villevert, ancien port d’Albigny, que l’on exhuma en 1903 une défense de mammouth contemporaine de nos premiers ancêtres, sortie du lehm, ce dépôt éolien post-glaciaire si prisé pour l’agriculture et pour la confection du pisé de terre, base des grandes fermes de la rue des Maraîchers ...



Témoin d’un établissement gallo-romain, la nécropole du fertile plateau des Avoraux signalée par Falsan, à la limite de Curis, confirme la vocation du lieu, traversé par l’aqueduc du Mont d’Or au Sud-Ouest et protégeant une grande voie fluviale et terrestre. La racine alb-, commune aux Ligures et aux Celtes, signifierait «hauteur», autrement dit l’expression d’une puissance supérieure, comme l’atteste un autel provençal dédié à Mars Albiorix. Une connotation confortée par une signification plus ancienne de «blancheur» qui se retrouve dans le gaulois alausa (alose). Dans le prolongement de celle de Couzon, l’imposante falaise crayeuse, avec ses couches de calcaire basculées vers l’Est, ne pouvait manquer de frapper les esprits. Par la suite, le suffixe -acus (le lieu de) aurait formé villa Albiniaca (domaine d’Albinus).




Villa Albiniaca (domaine d’Albinus)

Fertile plateau des Avoraux


Une stèle gravée en l’honneur de Cl. Albinus, gouverneur des Gaules soutenu par les Lyonnais mais vaincu au IIème siècle par Septime Sévère vers Caluire, fut retrouvée par l’échevin J. de Sève puis emmenée à Paris par C. Gros de Boze*. Probablement commandée pour encourager le vaincu (une première fois victorieux à Tournus) et objet de polémiques entre les érudits, elle a été retrouvée par R. Perradin au Musée de Saint-Germain-en-Laye. Au revers d’un autre marbre antique, remployé à Bel Air, une seconde épitaphe vante les mérites de l’Albignolaise Audolèna, «bonne par charité». Dans la veine des nombreuses inscriptions lyonnaises de Saint Just et Saint Irénée, datées pour la plupart des Vème et VIème siècles, elle illustre la vigueur de la première Eglise des Gaules organisée par Pothin dès le IIème siècle.



En 443, les Burgondes, «ces Barbares chevelus sentant l’ail» aux dires de l’évêque Sidoine Apollinaire, franchissent le Rhin gelé et occupent pacifiquement Lyon qui devient l’une de leurs capitales. Aussi la tradition orale attribue-t-elle à Gondebaud une «tour», ancêtre du château actuel, où se serait déroulée une «controverse» religieuse sur l’Arianisme et même scellé le mariage de sa nièce Clotilde avec Clovis, roi des Francs...




L’imposante falaise crayeuse