En 1793 se déroule l’aventure rocambolesque d’un Muscadin des troupes contre-révolutionnaires... Retranscrite par le Couzonnais J.M. Villefranche en 1892, d’après des témoins oculaires ayant connu le nommé «Sucre», elle est à l’origine de l’un des plus célèbres contes du Lyonnais : «le sonneur d’Albigny». Le fuyard poursuivi par les troupes de la Convention, les poches alourdies de louis d’or et dans l’impossibilité de traverser la Saône, cacha ceux-ci dans le clocher de l’église avec la complicité du marguillier (responsable des cloches). L’honnêteté de ce dernier fut récompensée, 7ans plus tard, par le revenant...

Tournée vers la rivière, Albigny demeure agreste jusqu’au cœur du XIXème siècle, avec sa nouvelle église toute simple, ses chèvres et son sol riche à l’origine d’une «grande variété de produits» (Ogier) et ses petits ateliers de tissage... L’irruption du chemin de fer vient rompre cet isolement et avec lui l’établissement d’un «dépôt de mendicité» qui fait doubler la population. Ayant raison des derniers bateaux à vapeur, la voie ferrée oblitère irrémédiablement le site de la commune, coupant le bourg et la Montagne de Villevert. Ce dernier quartier est réactivé en 1832 par l’apparition d’un des premiers ponts «en fil de fer» (aujourd’hui disparu) lancé jusqu’à Neuville, alors chef-lieu de canton. L’exploitation des carrières bat son plein et les allées et venues des charettes rendent impraticable le chemin des bords de Saône. La rivière, après l’importante crue de 1840 à l’origine de la destruction d’une quarantaine de maisons, est progressivement domestiquée et endiguée, perdant ainsi son caractère sauvage.


La viticulture, durement touchée par le phylloxéra, se reconstitue un temps (47 hectares en 1902), ensuite relayée par les cultures fruitières et maraîchères. L’ère des loisirs venue, Albigny renoue avec sa vocation fluviale, inaugurant une transparente «marina», une halte fluviale, ainsi que le premier sentier thématique du Mont d’Or.