Quand le château veillait...



«La grande attraction du pays est son antique manoir dont une forte tour est encore fièrement debout» notait Vingtrinier*, se remémorant les légendes attachées à l’incontournable monument qui, à défaut de fondement historique, «embellissent le paysage»... Est-ce un hasard si l’année 1173 entérine à la fois l’érection du donjon (d’après l’âge d’une poutre) et un accord entre le comte de Forez et l’Eglise de Lyon, laquelle consolide son hégémonie sur la région ?...




Le donjon d’Albigny


Cantonnant le bâtiment au Nord et expérimentant l’un des premiers escaliers en vis, le donjon d’Albigny est coiffé pour la défense d’un hourd (galerie de bois) comme celui d’Anse qu’il préfigure. Il traduit par son plan allongé, avec son évier, ses latrines en guérite, un souci d’agrément que conforteront les larges croisées percées au XVème siècle. Dans son prolongement, la grande salle de justice (aula) est dotée d’une vaste cheminée par le chanoine L. de la Barge dont les armes sont apposées en 1554. Accolée au Sud, l’église Saint Blaise contribuait à la singularité de cet édifice compact, synthétisant les fonctions essentielles du château. Vendu comme bien national à la Révolution, il échoit en 1830 au maire Gandilhon qui le lègue à la commune pour loger, pendant un temps, l’école et la mairie.



L’enceinte, percée d’une porte à l’Ouest et couronnée d’un chemin de ronde, abritait selon les suppositions de A. Campone trois îlots d’habitation regroupant une trentaine de tenanciers, adossés au rempart à l’Ouest et au Nord. Ces derniers, comme à Saint-Germain et Saint-Cyr, détenaient également une demeure dans le bourg. Montée du Vieux Château, la maison à tourelle abritait les communs, pressoir et cuvier du château.



*Vingtrinier (A.), imprimeur, historien et bibliothécaire, auteur du Lyon de nos pères. Voisin (les frères) - (1880-1973 et 1882-1912), passent une partie de leur enfance à Villevert et accèdent à la célébrité quand un de leurs avions réalise en 1908 un vol d’1 km.