
Au cœur du village, la maison Pétouraud (XVIIème siècle) est devenue école et la chapelle Saint-François, construite à ses frais par le curé Achard en 1745, a été aménagée comme bibliothèque. L’étrange pavillon pointant son toit couvert d’une coupole rhomboïdale occupait en 1786 le domaine Denave.

Juste au-dessus, en surplomb sur la balme, une longue allée de marronniers annonce la maison de maître organisée autour d’une tourelle incluant l’escalier à l’Est et formant un premier corps de logis daté, d’après la mouluration des baies, de la fin du XVème siècle. Il se complète d’une galerie au Sud-Est et d’un colombier autorisé en 1628. Dès 1722, le chanoine de Saint Paul F-M. Broco et sa sœur réalisent des aménagements dont une terrasse, des cheminées de cuisine monumentales et divers décors peints, notamment dans la chapelle ornée d’angelots. Au XIXème siècle, tandis que le domaine viticole se fragmente, une aile pour le fermier est rajoutée, puis les bâtiments sont coiffés d’une charpente et d’une flèche d’ardoise démesurées.

«Avant d’être un refuge de toutes les misères, la Mignonne avait été une riante maison de plaisance et son propriétaire M. Rast-Maupas*, savant médecin et habile bibliographe, y recevait nombreuse et charmante société», écrivait Vingtrinier*, vantant le moderne Dépôt de mendicité. Ce dernier fut constitué et construit dès 1859 sur les dessins de Louvier sur l’emplacement du domaine de 14 hectares qui en constituait le cœur et dont subsiste l’ancienne chapelle rue J. Chirat. Son cimetière, à Moletant, bénéficie d’un site exceptionnel. Dans les années 1960, on ajouta cinq pavillons disposés en masse pour former le Centre de long et moyen séjours.

A Villevert, ce gros château de la fin du XIXème siècle, bâti à côté d’une ferme qui existait en 1829 et étendant son parc entre Saône et voie ferrée, serait l’œuvre de l’architecte P-E Bissuel. A l’Accueil, un épisode biblique en «bande dessinée»
Déroulant jusqu’à la Saône de grands jardins à la française, cette grosse bâtisse carrée dont les communs (avec leur longue galerie au revers de la Poste) donnent rue Germain, appartenait à J. de Sève au début du XVIIème siècle. Elle fut ensuite acquise par le négociant en soie Thomas de Boze* qui aurait reçu ici Colbert. Est-ce pour honorer ce grand personnage, comme c’était l’usage à l’époque, qu’il fit peindre un décor devenu l’un des fleurons du patrimoine lyonnais ?
La conservatrice L. Florenne, consultant les archives pour vérifier l’attribution de celui-ci à D. Sarrabat*, ne fut pas moins stupéfaite de découvrir, outre l’énorme consommation de bas de soie de ces années 1680, le nom de ce peintre éminent tombé dans l’oubli. Encore imprégné de la manière baroque d’un P. de Cortone (célèbre peintre italien du XVII ème siècle), il a brossé sur les murs du salon sept épisodes de l’histoire d’Esther qui a sauvé le peuple juif du massacre. L’emphase des attitudes, le mouvement des figures et les coloris, sont tempérés par un classicisme bien français.

La propriété, amputée par la voie ferrée et tombée en décrépitude après avoir servi de cantonnement puis de maison de retraite, a été rachetée par la municipalité en 1994. Cette dernière est à l’origine de la restauration des fresques, littéralement «sauvées» en 1960, hormis l’Ascension dont Josse voyait les restes dans la chapelle encore debout au fond du parc...