UNE COURONNE DE CHATEAUX (1)


Si ce n'était leur origine ancienne, rien ne distingue les châteaux des grosses demeures bourgeoises.
Chasselay est peuplé de ces bâtisses, plus imposantes les unes que les autres, qui racontent l'histoire des lieux...

Montluzin
Faut-il croire la belle légende de Licinius, colportée par le père Ménestrier au XVIIème siècle (s'appuyant sur Sénèque) de ce captif gaulois devenu intendant sous Auguste et qui entassait l'or extirpé aux habitants dans les caves de son palais ? Dénoncé, il aurait fait don de ces richesses à l'empereur et légué son nom au lieu. Une villa appelée «Mons Lysinius» apparaît bien dans le cartulaire d'Ainay ; puis en 1592, on parle d'une maison avec «estable et cour» possession de F. Platel, baron de Vaux.
Au XVIIème siècle, on trouve P.Viallier, capitaine châtelain de Chasselay, dont le fils rachète la maison forte. Mais c'est au Lieutenant d'artillerie Pierre de Brosses, ayant épousé M. de Masso, qu'il revient dès 1664 de constituer le domaine, par achats successifs. Il fait également reconstruire le château dont l'ample façade régulière, cantonnée de pavillons carrés, surplombe la plaine, depuis une terrasse formant un bastion demi-circulaire. A l'Est s'étendait un jardin à la française, dont l'alimentation en eau avait coûté plus cher au propriétaire que les bâtiments eux-mêmes.

En 1869, une héritière de la famille Lacour lègue le domaine à la Congrégation de Nevers qui crée un orphelinat. La ferme monumentale témoigne de l'intérêt pour l'agriculture manifesté au Siècle des Lumières...

Sur les premières, pentes au Sud du village, montée du Plantin, une haute grille ferme une longue allée cavalière bordée de marronniers.

Derrière les feuillages se dressent les bâtiments d’un château, ordonnés autour d'une cour rectangulaire. A l'angle Nord-Ouest, une poivrière (tourelle de défense en encorbellement) rappelle la maison forte primitive appartenant en 1379 à H.du Plantin.
Au XVIIème siècle, les De Masso rachètent la rente noble puis les droits de justice de la seigneurie de Chasselay. De cette époque date une cheminée de cuisine monumentale...
Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Ch. Lacombe remanie la façade principale avec des
corniches à rosaces, baies à médaillons, cuirs et rinceaux néo-renaissance. Il aménage le parc
en installant des jets d'eau et en créant deux étangs sur une retenue du Ruisseau du Plantin
(le second, situé au bas du parc appartient désormais au Square A. Gautier).
Ce ruisseau, dès le Xlllème siècle, alimentait trois moulins dont l'un se situait à l'emplacement du square.

Bellescize
Face à la place de l'église, s'ouvre un beau portail clouté, surmonté d'un arc appareillé en pierre blanche de Lucenay, à anse de panier (XVIIème siècle). Au-dessus, on a placé une croix de récupération signalant l'entrée du nouveau presbytère en 1872. Une partie du domaine au Nord est alors vendu par souscription au profit de la cure et de la municipalité qui en fait des salles communales. Ce portail ouvre sur les anciens communs (transformés en habitation au XIXème siècle), qui rassemblaient à l'origine le logis du fermier, deux cuviers et des «écuries, estableries, ménagerie», indiquées en 1742.

Le château proprement dit, constitué de trois corps de logis encadrant la cour principale à l'Est, au Nord et à l'Ouest, a vu cette dernière aile rhabillée en 1900 d'une étonnante façade rococo, sorte de pastiche de l'hôtel parisien de Biron, élevé en 1727...