HISTOIRE DE COLLONGES-AU-MONT-D’OR :

une histoire d’eau, la descente vers la rivière

Depuis le Tourvéon, longeant le chemin du Poizat jusqu’à la rue Gayet, l’aqueduc traverse la commune de part en part. On a trouvé, sous la fontaine d’Epeluis à Chavannes, un buste d’officier romain et à la Chaux (limitrophe avec Saint-Cyr-au-Mont-d’Or), un bronze de Tibère ainsi qu’une plaque mortuaire. Le tracé orthogonal des principaux chemins semble lui-même conserver la trace de cette colonisation romaine qui a imprimé sur le territoire gaulois sa géométrie...



Au Bas Empire, les grands propriétaires, souvent des vétérans, font cultiver leurs terres par des colons (paysans libres). Aussi, à l’époque carolingienne, lorsque sont créés les chapitres de chanoines, un inventaire dressé par l’archevêque Leidrade énumère encore ces «colonges» qui deviendront ensuite les tenures féodales (parcelles soumises à redevances). Ce même Leidrade est à l’origine de la restauration de la puissante et prestigieuse abbaye de l’Ile Barbe, dont dépendra juridiquement une grande partie de Collonges. Au Moyen-âge, la mise en valeur du terroir doit beaucoup aux moines qui poursuivent les défrichements gallo-romains et plantent ces champêtres haies d’aubépine, peu à peu remplacées par les murs des clos bourgeois, à la grande désolation de G. Debombourg*.



l’église Saint-Nizier



Au XIIème siècle, le pape confirme l’abbé Guichard dans sa possession de l’église Saint-Nizier* «sur le mont d’Or» tandis que les villageois de Saint-Cyr prennent plaisir à semer le trouble chez les Collongeards, lorsqu’ils célèbrent la fête de leur patron Saint-Clair, associé aux vertus de l’eau. Car l’eau est au Moyen-Age un ressort économique essentiel et la Saône une rivière intensément exploitée comme voie de transport, mais aussi pour ses ressources et sa force motrice qui alimente les moulins-bateaux... Les paroisses limitrophes vivent en grande partie du fleuve et Collonges, comme Couzon, entretient ses bennes (pêcheries clayonnées de pieux), équipements seigneuriaux. Ainsi en 1486, le Sire de Beaujeu, ayant installé l’une d’elle, se voit intenter un procès par le chapitre Saint-Jean, pour avoir manqué de causer le naufrage d’un bateau chargé de saule «à paisseler les vignes» (tuteurer les vignes), appartenant au Collongeard C.Vignat.


*Dedombourg (G.), collongeard publiciste et historien, maire de Collonges en 1848.
*Nizier, ordonné par Childebert, se distingua comme l’un des évêques les plus marquants de Lyon, construisant plusieurs églises dont celle qui prendra son nom et où il sera enterré en 583 et sanctifié, son culte se répandant rapidement.