Les vignes prospèrent en effet sur les coteaux abrités et le Vaillant de 1388 (livre de la taille payée par les bourgeois) enregistre une dizaine de tenanciers lyonnais, détenant une trentaine de biens, parmi lesquels «Lorent Torveyon» détenant «maison et hommées de vigne à Colonges les Autes». Ainsi s’annonce le développement de ces grands domaines à travers le village, lequel englobe bientôt le hameau du Vernay sur la rive gauche de la Saône...


Aux XVIème et XVIIème siècles, le vin du pays est très renommé et quelques remarquables exemplaires de ces fermes faisant galeries au levant en témoignent encore. Un chanoine de l’Ile Barbe, B. d’Arroy*, nous décrit, au-delà de la Saône chargée d’embarcations de toutes sortes, un paysage «patchwork» de bois, vergers, vignes, champs labourés et prés sur lequel s’active tout un peuple de bûcherons, vignerons, faucheurs, moissonneurs, vendangeurs, bergers, jusqu’aux chasseurs dont il entend les coups de fusil ! Les habitants sont tous laboureurs et vignerons, hormis quelques tisserands, conclut l’Intendant d’Herbigny, vantant les cerises et fromages vendus sur les marchés lyonnais... Les bourgeois, «ayant acquis du bien, ont mis plusieurs maisons à bas, de deux en faisant une», note-t-il, donnant naissance à de véritables domaines...


La situation de 1699, hormis la guerre, préfigure celle des années précédant la Révolution : hausse des impôts et surtout «disette de blé», à l’origine d’une forte mortalité... En 1790, le corps municipal, se substituant au conseil paroissial, élit le premier maire avant d’envisager la construction d’une «maison commune».



Mairie-école




Au XIXème siècle, la population est descendue grossir le hameau de Trèves-Pâques où se regroupent les premiers commerçants, et celui des Basses-Collonges qui verra naître un vrai centre municipal avec une mairie-école. La révolution des transports, train, bateaux à vapeur, facilite la venue des «marins d’eau douce» que débarque une flotille de «mouches» et de «guêpes»... (noms attribués aux bateaux). Avec ses guinguettes, dont l’une entame un glorieux destin (celle de la famille Bocuse), Collonges est devenu «faubourg de Lyon», selon Vingtrinier*. C’est aussi le «paradis terrestre» des riches négociants qui le constellent de manoirs rivalisant de tous les styles, comme dans la rue G. Clémenceau...


Au début du XXème siècle, adduction d’eau, égouts, éclairage public apportent la modernité tandis que l’industrie chimique investit la plaine de Varennes. Peu à peu s’effacent les cultures maraîchères et fruitières, la vigne (couvrant encore 6 ha en 1970), tandis que les lotissements rongent les grandes propriétés. Actuellement la nouvelle école (G. Bouteille, 1997) et le réaménagement du hameau de Trèves-Pâques, ont apporté un souffle nouveau au centre...





Manoirs

Nouvelle école

*Besian d’Arroy, jésuite toulousain, précepteur de C. de Neuville, archevêque de Lyon, et possédant un domaine à Couzon où il acheva sa vie.
*Vingtrinier (A.), imprimeur, historien et bibliothécaire, auteur du Lyon de nos pères.