
Dominé par les falaises de ses carrières, peut-être parmi les plus anciennes du massif, le Vieux Collonges est construit sur leurs excavations remblayées en terrasses et s’est égrené le long des rues Montgelas et Gayet...

Dès le Vème siècle, un oratoire dédié à Saint-Clair s’établit auprès de la source guérisseuse de Montgelas qui, avant d’être canalisée, s’écoulait en torrent, dit «de Tarenceu». Au Xème siècle, le cartulaire d’Ainay mentionne un mas avec vigne dans la «villa de Tarentiaco». Au-dessous, on trouve le portail du domaine de Montgelas dont le propriétaire et procureur lyonnais J. Dru a dû rebâtir la grosse maison carrée. Il demandait en 1641 un abnevis (bail en censive) pour conduire l’eau «de la fontaine de la Crosentière à présent Montgelas» dans ses fonds, s’engageant à faire graver «cy soulait estre la Font de Montgelas» («ici se tenait la fontaine de Montgelas»). En 1753, Dame J. Figuière, à la tête d’un vaste tènement de vignes et carrières au-dessus, réitère la concession pour alimenter ses jardins et jet d’eau. Puis A. Jaricot, «plieur de soie en rue Tupin» et bientôt conseiller municipal, achète en 1820 la propriété où la célèbre Pauline* passera sa jeunesse...

En position de sentinelle sur son esplanade autrefois occupée par le cimetière, la petite église Saint-Nizier campe un clocher roman qui servait à la défense et auquel on accède par une tour incluant l’escalier. En 1314, un litige sur le droit de garde opposa le cellerier de l’Ile Barbe et les hommes de Collonges, à ceux de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, soutenus par le chapitre Saint-Jean. L’abside s’éclaire d’une longue baie ogivale et la nef a été agrandie au XVIIème siècle par la confrérie des Pénitents de Gonfalon, qui l’ont doté de statues des saints protecteurs.