Depuis le clos bourgeois qui, dès le XIVème siècle, faisait place au logement du granger, à côté de celui du maître, s’illustrent à Collonges toutes les étapes de l’évolution qui, en passant par les «folies*» des bords de Saône, vit triompher les parcs paysagers, accompagnant les Lyonnais dans leur migration estivale...

Nommé jadis «la Tourvéonnière», ce vaste domaine de 25 hectares fut pendant quatre siècles, le fief d’une famille de marchands d’épices d’origine italienne qui fournit des conseillers à Lyon de 1397 à 1517... A cette époque, Jacques de Tourvéon aurait fait dresser la grosse tour en pisé et aménager un vivier alimenté par la fontaine du Chat-huant, s’intitulant «seigneur de la Tour et du Vivier» comme le proclame un blason surmontant la porte des communs. A la fin du XVIème siècle, Nery échange diverses parcelles pour «en faire conduire l’eau chez lui».


En 1713, J.Croppet, seigneur de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, acquiert des Borghese le fief qui échoit ensuite aux Murard, à l’origine de la reconstruction, au XIXème siècle, de l’énorme château actuel et de l’aménagement du grand parc dessiné par le paysagiste Luizet. La porte «Aquaria» (les ouvrages des eaux) rappelle le destin de ce lieu placé sous le signe de l’eau, qui fut un temps destiné à devenir centre de thalassothérapie...