Roche-Bozon


Au sud-est, l’ancienne route des Rivières a séparé une grande propriété annoncée par deux portails monumentaux encadrés de refends et surmontés de pommes de pin (XVIIIème siècle).
Un dénommé Boson, meunier de l’abbaye de l’Ile Barbe et habitant le rocher en 1289, aurait donné son nom à ce territoire occupé en 1408 par J. Monnet dite la Rivière, puis, aux XVIIème et XVIIIème siècles, par les Missionnaires de Saint-Joseph bénéficiant d’un don de L. Mathonnet et de diverses acquisitions parmi lesquelles un moulin à écluse alimenté par le ruisseau coulant à l’emplacement de la route des rivières (actuelle rue P. Thermier). Ces joséphistes, qui formeront le célèbre Pierre Poivre, possédaient un domaine viticole et des bâtiments de chaque côté de la rue.
Derrière la porte ouvrant sur le chemin de Roche-Bozon, une tour-pavillon percée d’une croisée relie par une longue galerie la partie sud. On retrouve semblable disposition dans les bâtiments en face.
Plus bas, proche de l’ancien port de Collonges, la Plassonière, avec ses belles boiseries, ses parterre, fontaine, jet d’eau et allée de marronniers, était en 1785 la confortable maison de plaisance de C. Rocher, châtelain de l’abbaye. Elle constituait aussi une grosse exploitation dont le granger se nommait N. Bocuse...

Maison Michel dite «le Pavillon»

Des quatre pavillons qu’avait fait élever C. Josserand, un seul subsiste, surmontant le chemin de Roche-Bozon de sa haute silhouette couronnée d’une balustrade et de pots à feu dans le style versaillais. Ayant acquis en 1685 un domaine viticole, ce riche tireur d’or (transformateur de lingots en fil d’or par étirage), lègue aux hôpitaux lyonnais une belle propriété enrichie d’une chapelle, orangerie, écurie et parterres. En 1715, la veuve Trolier demande le permis d’aménager un renfoncement pour faciliter l’entrée de son carrosse rue Michel. En 1860, la maison de maître est reconstruite ou simplement rhabillée par M. Bayard, qui lui ajoute un grand perron à colonnade.
La Pelonnière
Ce domaine fut également baptisé «Ermitage du Mont d’Or» ou «Folies Guillaud», du nom de son commanditaire qui, en 1804, dans son délire, «avait entassé avec autant de niaise prétention que de mauvais goût» selon Bleton, croix, statues, et monuments hétéroclites. Restent un grand bâtiment mansardé, sauvé de la crue en 1840, une haute colonne torsadée sommée de la statue de Marc Aurèle, une étonnante arche en blocs de tuf ainsi qu’un bel obélisque en pierre ocre et brique, dans le parc amputé par la voie ferrée.

Grand Port

Occupant le centre du village et formé dès 1810 par le distillateur puis maire J. Bergier, son clos est resté intact. Rue de la Mairie s’alignent les anciens communs tandis que l’opulente grille de la rue Clos-Bergier arbore le monogramme du soyeux Chomer qui fit dessiner la grande allée carrossable menant jusqu’au perron et sans doute le parc dans la seconde moitié du siècle. On lui doit également la chapelle néogothique et le remaniement de la demeure dans ce style éclectique si prisé du Second Empire avec dorures au grand salon et à la salle à manger. Cinq jardiniers assuraient l’entretien du jardin paysager qui utilise admirablement le creux du vallon et l’arrivée du ruisseau de la Chaux, ménageant un étang, de petits ponts enjambant des canaux dont l’ irrigation était assurée par une roue à aube. En 1945, le château est transformé en maison de repos, adoptant son nom actuel.
