
Que reste-t-il du château-fort qui a pourtant si fortement marqué le paysage ? Seulement la tour d’angle nord-est ainsi qu’une partie du mur d’enceinte désormais intégré dans des habitations. En 1668, la muraille était en ruine et les habitants ne voulaient plus s’acquitter du vingtain (nom donné à celle-ci et à l’impôt qui lui était affecté). Ponctuée de quatre tours de forme trapézoïdale, elle enfermait un puissant donjon rectangulaire (tour des dîmes et résidence seigneuriale) comme des bâtiments administratifs et maisons. L’ensemble était entouré de fossés alimentés par le ruisseau de la Fontaine.
L’église, avec son abside avançant sur le mur, achevait la ligne de défense sur la Saône. Demeurée longtemps l’unique lieu de rassemblement de la communauté villageoise, elle dresse son clocher roman, célébré comme «le plus beau de toutes les terres de l’Eglise» avant qu’il ne perde en 1758 sa haute flèche triangulaire semblable à celle d’Ainay (la basilique d'Ainay, à Lyon, possède encore un clocher cantonné de quatre pyramidions d'angle). Une frise de claveaux bicolores (pierres taillées en forme de coin constituant la voûte) cerne les baies doubles, motif récurrent de l’Art Roman, dont les colonnes jumelées reposent sur des chapiteaux à crochets (XIIème siècle).

La place Ampère, l’ancienne place du Plâtre où s’élevait le pilori (poteau de justice), formait le coeur du bourg jusqu’au début du XIXème siècle. Ombragée de tilleuls, elle accueillait alors la première mairie qui jouxtait la boulangerie remontant au milieu du XVIIIème siècle. Point de rencontre des chemins menant au château, ce lieu conserve aujourd’hui un charme campagnard. L’habitat s’est développé selon un parcellaire médiéval et rural, irrégulier, le long de deux grands axes : le vieux chemin menant à Saint-Romain, la rue Ph. Gaillard et la rue P. Dupond, sous laquelle coule le ruisseau de la Fontaine canalisé, prolongée par les rues Rochon et de l’Ecoran.