
En 1839, pour répondre à l’accroissement de la population et assurer son approvisionnement avec les produits des Dombes, la décision est prise d’ériger un pont suspendu en fils de fer. Très élégant, il est l’un des rares conservés de cette époque, avec ses trois piles maçonnées supportant de grands piliers qui arriment les filins.
La rue de la République, longtemps simple chemin en bord de rivière, régulièrement inondé, a commencé à se lotir au sud dès la fin du XVIIème siècle, sur le vieux port remblayé (maison Saint-Raphaël). Au nord, les ruelles qui la recoupent jusqu'au quai constituaient autant de passages entre les chantiers des tailleurs de pierre, octroyés dès 1728 par le seigneur.
Réplique rurale de sa grande soeur lyonnaise, elle arbore fièrement, à ses balcons, le monogramme des principales familles pratiquant le plus souvent la polyvalence des métiers de batelier, carrier et vigneron. Curieusement le passage de la Voûte, qu'on pourrait croire médiéval, ne date que de 1808.


En 1845, le tracé de la voie ferrée, objet de discussions houleuses au conseil municipal, épargne «les bords riants de la Saône», mais tranche le bourg en deux. 40 maisons dont celle de la famille Jacquard, l’inventeur du métier à tisser, sont abattues ainsi que le donjon.

Au-dessous, c'est faute de place pour agrandir le vaisseau originel de l'église, que Pierre Bossan", futur architecte de Fourvière, projette dès 1855 la construction d'une nouvelle nef, greffée perpendiculairement au clocher roman et dont la façade donne sur la place. Faisant alterner la pierre ocre du pays et la pierre grise de Saint-Cyr, elle est rythmée d'immenses piliers qui rappellent les contreforts romans et lui confèrent son caractère de forteresse.
Au portail, on trouve la statue équestre de Saint-Maurice, encadrée de Saint-Vincent, patron des vignerons, et de Saint-Laurent, patron des tailleurs de pierre. A l'intérieur, Bossan a dessiné l'ensemble du mobilier. L'influence orientale s'y manifeste dans l'usage de la polychromie, la grande fresque du chœur signée Fournereau et les vitraux de Lobin. C'est «un éclectisme qui flatte les yeux et l'esprit», s'enthousiasme Vingtrinier, gagné par le succès de ce décor auprès des artistes contemporains qui viennent accompagner les canotiers attirés par la renommée des guinguettes des bords de Saône...
