En 1769, l’acte de vente passé par G. de la Font à Roze Achalle, veuve d’un capitaine de l’île de Grenade, énumère une dizaine de pièces à chaque étage correspondant au plan actuel, ainsi qu’un grand salon garni de statues de marbre logées dans des niches. L’ abondance du mobilier, la diversité des tissus comme l’usage des poêles en faïence évoquent un cadre raffiné et un goût nouveau pour le confort. La nouvelle propriétaire s’adresse à l’architecte Morand* pour moderniser la façade sud et surtout aménager les jardins, bientôt ornés d’un grand bassin rectangulaire qui figure au premier plan de l’un des tableaux peints en 1774 par Lallemand* pour le grand salon...



Anciens communs

En 1793, le château et ses 50 hectares sont déclarés «Bien National» puis restitués au fils de J.L. Beuf, lequel épouse la nièce de Morand*. En 1824, leur fille hérite d’une propriété exclusivement viticole qui, en dépit de la création d’un salon marocain et du Marabout, périclite peu à peu... En 1890, l’industriel G. Falcot la sauve de la ruine en entreprenant des travaux d’urgence et en faisant remodeler le parc par le paysagiste Luizet qui dessine de grandes allées sinueuses à l’est ainsi qu’une salle d’ombrage à l’ouest. Aujourd’hui, le château et son parc (qui devrait devenir public) attendent une renaissance prochaine...



Parc

Sur la route de Poleymieux, les fermes de la Blache et de la Gayette, grandes bâtisses régulières du XVIIème siècle, appartenaient au château. Les belles vignes de la Gayette ont fait, semble t-il, la fortune de la veuve Gayet qui, en 1801, était la plus importante contribuable de la commune. La propriété fut aussi acquise par L. Brun pour ses sources abondantes et demeure aujourd’hui une exploitation agricole, avec son grand troupeau de chèvres...



Ferme de la Gayette

*Morand (J.A.), peintre, architecte et urbaniste lyonnais né à Briançon et guillotiné en 1794, réalisa un pont sur le Rhône, l’esquisse du futur quartier des Brotteaux, la rénovation des châteaux de Curis et de Poleymieux.
*Lallemand (J.B.), peintre dijonnais ayant séjourné sur Lyon en 1761 à son retour d’Italie et auteur d’une série de 12 vues de Lyon, publiées en 1781 par J.B. de Laborde et gravées par Née. Au château de Curis, il est à l’origine de quatre toiles ( une marine, une cascade, une vue de P.Scize et une vue du château), enchâssées dans les boiseries du grand salon. Vendues aux enchères, elles sont désormais à Baltimore.