RIVE GAUCHE, de la place de la Fontaine à celle de l’Eglise



Face au château, l’entrée sud s’annonce par l’immense falaise du front de taille que les tirs de mine des carriers ont laissé à vif. A ses pieds s’alignent de petites maisons aux volets pimpants, établies une fois l’exploitation achevée. Trois anciens tunnels (voûtes d’accès où passaient les charrettes), se devinent sous les terrasses de remblais. Ogier explique que les carrières de Curis, bien que fournissant une pierre de qualité supérieure à celle de Couzon, furent abandonnées en raison de leur éloignement de la ville de Lyon. Par la suite, les habitants ont su utiliser «les parties dont l’exploitation était terminée à l’usage de l’agriculture dont les produits étaient plus avantageux». Ainsi, la montée de l’Eglise n’était autre qu’un chemin de carrier qui se faufilait entre deux rangs de carrières (M.Garnier*)...



Fontaine



En 1817, le maire L.A. Beuf, déplorant l’absence de fontaine publique, cède l’eau qui sourd sous son moulin «d’en haut», pour en construire une. Mais il faudra attendre 1849 pour que le pré du moulin soit aménagé en une vraie place plantée d’arbres, remblayée et bordée de murets. En 1855, suite à la canalisation du Thou, on crée un lavoir dont les belles colonnes de pierre, parce qu’elles gênaient la nouvelle route établie en 1880, ont été déplacées en aval.


Au bout du chemin des Carrières s’élève une grande bâtisse du XVIIème siècle. En 1659, elle appartient à la famille du peintre Corneille de la Haye, auteur d’un célèbre portrait du propriétaire de la Guerrière à Couzon. Acquise ensuite par F. Poitrasson, gros charpentier lyonnais à l’origine de nombreux édifices (parmi lesquels l’Hôtel-Dieu), elle échoit à sa veuve qui en fait don à l’hôpital. En 1778, E. Masson, marchand-transporteur sur la Saône, rachète ce «clos des frères» qui s’étend jusqu’au Thou.






Au n°300 de la montée de l’Eglise, une étonnante façade se déploie au sommet d’un immense mur de soutènement. Le maître-chirurgien Delamonière achetait en 1711 un clos «au-dessus de la grande perrière» du seigneur Bay avant que ses successeurs, les Garnier, ne se lancent dans d’énormes travaux de rehaussement.



*Garnier (M.), auteur de Carriers et carrières dans le Mont d’Or lyonnais (Tome I : De l’extraction de la pierre à la transfiguration des sites, Tome II : De la pierre des carrières aux ouvrages pour les hommes et pour les eaux, Tome III : La civilisation du symbole : de la pierre terrestre à l’édifice céleste).