HISTOIRE DE LIMONEST ou l'irrésistible

attraction des grands axes (1)

Au pied du massif, là où le socle de gneiss est recouvert de terrains meubles, s'échappent de multiples ruisseaux creusant de frais vallons : la Goutte du Nant, le Simonet grossi de la Gorge, la Bruyère, le Limonest joint à celui de Saint-André, formant le ruisseau de Rochecardon...

Aussi, comme l'observe E.Vingtrinier, les Romains, en «gens pratiques», mais surtout en gros consommateurs d'eau, ne pouvaient manquer pareille aubaine...
Th. Ogier signale en 1849 les vestiges d'un aqueduc, de quoi accréditer la thèse d'une branche limonoise de l'aqueduc du Mont d'Or, rejoignant ce dernier à Champagne.
On sait que la grande voie romaine du Rhin passait à la Bruyère et à la Garde.
Au Puy d'Or, un cippe funéraire (autel dédié aux dieux Mânes), a été remployé dans le mur d'une ferme, témoin de ce temps (1er siècle après J.C.) où les tombes s'alignaient le long des routes.
On a aussi exhumé là deux colonnes antiques et de grands chapiteaux sculptés, laissant soupçonner l'existence d'un bâtiment important.

Au XIème siècle, dans le Cartulaire de l'abbaye d'Ainay, on relève la mention «in villa quae vocatur Limonades».
La villa carolingienne est alors devenue un domaine d'un seul tenant avec pour centre un groupe de maisons. Il s'agit de l'ager du Mont d'Or (terre cultivée) s'opposant au saltus (espace sauvage de la forêt).
Au terme d'une longue évolution se forme le village, rassemblé autour de l'église paroissiale et de la motte castrale (butte de terre défendue par une tour).

Il est aujourd'hui difficile de se représenter le bourg primitif, situé aux Roches, sous le château de la Barollière, tel que l'évoquait Ogier :
«l'ancien village aux vieilles maisons, aux vieux usages, à la vieille langue, qui semblait, par sa position au pied du vieux château, être à genoux comme en prière devant ce géant et invoquer sa puissante protection».
De «la gothique église entourée de ses ormeaux séculaires» démolie en 1850, restent un chapiteau roman à entrelacs et feuilles d'acanthe, le cimetière attenant ainsi que la cure, devenue maison bourgeoise. Plus bas, au confluent des ruisseaux de Saint-André et de Limonest, la chapelle Saint-André, souvent prise pour l'église paroissiale, a aussi été convertie en habitation.
Cippe funéraire