HISTOIRE DE LIMONEST ou l'irrésistible

attraction des grands axes (2)

La féodalité, engendrant une dispersion des pouvoirs, voit le paysage se hérisser de tours. Dès le XIIème siècle, l'archevêque Renaud de Forez*, seigneur suprême de l'Eglise mais aussi de Limonest, entre en guerre contre les Sires de Beaujeu et les comtes de Forez. Menacé sur la frontière Nord, il multiplie les forteresses pour assurer le contrôle des grands axes des vallées de la Saône et de l'Azergue. A Limonest se dresse ainsi une sentinelle de maisons fortes, données en fief à la noblesse locale et complétant le maillage des grands châteaux...

Bientôt, la puissance émergeante des patriciens lyonnais, qui reconnaissent la tutelle du roi Philippe le Bel, vient supplanter celle de l'Eglise. Dès lors, les riches bourgeois font l'acquisition de prés, moulins, vignes et grosses seigneuries. Aux XIVème et XVème siècles, ils contribuent à relever les campagnes ravagées par la peste et les pillages... Sous l'Ancien Régime, en 1731, la taille recense une dizaine de grangers (métayers) et une soixantaine d'habitants.
Limonest s'assoupit au milieu des vignes, pâturages et maisons de plaisance, pour bientôt se réveiller au rythme du trafic grandissant de la grande route royale de Bourgogne, aménagée dès 1741.
Délaissant «la vieille route des cavaliers et des piétons» passant par le hameau de Saint-André, elle traverse le Puy d'Or, multipliant les relais de poste et entraînant dans son sillage une urbanisation nouvelle.

Après la Révolution, en 1801, le village ravit à Chasselay le titre de chef-lieu de canton. Sous l'impulsion du maire et grand propriétaire Baboin de la Barollière anticipant la loi de 1836 sur les chemins vicinaux, s'ouvre une période prospère. Le revenu agricole est doublé, tout comme la population (1790 : 425 habitants/1851 : 1119 habitants). Une vaste place carrée ordonne un centre monumental avec une nouvelle église, une mairie et une gendarmerie. Les grandes carrières, réactivées par la demande lyonnaise et par l'amélioration du transport, fournissent une pierre grise renommée, égalant celle de Villebois et idéale pour la chaux.

Dès 1851, le détournement de la grande route (l'actuelle N6) entraîne la mise à l'écart des messageries, annonçant une évolution inéluctable que précipitera le chemin de fer en 1854. L'arrivée du tramway en 1904 fait de Limonest une villégiature appréciée par les lyonnais, tandis que plus tard, au milieu du siècle, le développement de l'automobile vient enrayer l'exode rural. Limonest connaît alors une croissance exceptionnelle, marquée par le développement des maisons individuelles le long de la route du Puy d'Or, mais aussi par le déclin progressif des exploitations agricoles (19 en 1980 et seulement 3 actuellement). La municipalité enchaîne les grands projets (Technopole verte à Sans Souci, Parc des Sports), tandis que le plan de rénovation du centre appelle la construction de la mairie actuelle et de la crèche municipale... Château de la Barollière