DÈS LE MOYEN AGE,une sentinelle
de maisons fortes monte la garde... (3)
La Maison de la Forge, dressant sa grosse tour ronde à lanternon au-dessus de la route du Mont Verdun, est une ancienne dépendance de la Barollière. C'est ici que Maritz aurait procédé à ses premiers essais de forage des canons, qui plus tard, ont fait sa renommée.
La Barollière
Du haut de son imposante terrasse, imprimant sur les bois sombres du Narcel sa silhouette altière hérissée de toits pointus, le château impressionne... La maison forte primitive fut acquise par Jean de Villiers en 1374 et cédée en 1588 à V. Richard, marchand de soie puis échevin de Lyon, dont on retrouve l'armorial gravé sur la cheminée monumentale de la cuisine. L'héritage de cette époque est visible dans la partie Nord-Est, dotée d'un escalier à vis logé dans une tourelle ronde, plus tard camouflée dans une tour carrée, par souci de symétrie.
En 1665, le nouveau seigneur de la Barollière est Pierre Lanchenu, trésorier des guerres et régiments du Lyonnais, célèbre pour avoir été bâtonné l'année suivante sur ordre du prévôt et seigneur de Curis. On ne sait s'il fit reconstruire le château grâce à la dot conséquente de sa femme J. Michon, mais les témoins de cette époque sont édifiants : le grand portail à bossage de l'entrée orné de mufles de lion, la galerie de la cour, ses amples arcades et puissants piliers inspirés de l'architecture monastique, les oculi (baies rondes) éclairant les tours-pavillons et la terrasse. On retrouve ces derniers à Montluzin (Chasselay), rebâti dans les années 1660...
Un siècle plus tard, le Suisse Jean Maritz, inspecteur de l'artillerie, confie à un ami la direction d'importants travaux. Avec la pierre des carrières situées au-dessus du château, il fait rhabiller les façades avec des baies à linteau bombé garnies de ferronneries à ses initiales. Les salons sont ensuite décorés de gypseries (bas-reliefs en plâtre), de boiseries Louis XVI incluant des toiles peintes représentant des scènes de la vie campagnarde. Une fraîcheur et une gaieté qui tranchent avec la sévérité extérieure...
En 1794, le château, conservant sa vocation militaire, sert de base à l'état-major menant le siège de Lyon, puis en 1814 et 1940.
La grande ferme, juste au-dessus du château, dispose ses bâtiments autour d'une majestueuse cour, anciennement pavée.
La Rousselière
Avec ses jardins étages sur la colline, ses cyprès, sa haute tourelle hexagonale, La Rousselière prend des airs de castel florentin importé en Lyonnais. Dès 1394 est mentionné un domaine appartenant à P. Dumas, puis en 1498 une maison, dont les vestiges sont visibles à la croisée des chemins menant à Saint-André et à-Saint-Didier. On y découvre une échauguette (tourelle en encorbellement protégeant les abords d'un mur) couverte en poivrière, percée d'archères de tir, une bretèche défendant le portail d'entrée de la cour intérieure et deux tours arasées à l'Est
Dès le milieu du XVIème siècle et pendant près d'un siècle, la famille Richard, propriétaire de la Barollière et alliée aux Sève de Saint-André du Coing, occupe et agrandit la demeure. Les deux cours intérieures distillent encore le charme de la Renaissance. En observant les plans et descriptions du domaine cédé en 1682 au couvent de Sainte-Elisabeth de Bellecour, on ne relève pas de grands changements. Celui-ci consigne un imposant tenailler (cuvier), le tracé du potager et des bâtiments correspondant à l'état actuel. Le résultat d'une restauration exemplaire menée en 1934 par l'architecte Cateland...
En venant de Saint-Didier, on aperçoit à l'Est la plus ancienne façade, englobant les deux tours et prolongée au Sud par le logis neuf percé de croisées et demi-croisées.
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Portail d'entrée de la
cour intérieur |
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