Sur ces hauteurs, les hommes ont très tôt trouvé refuge. «De partout des débris de silex taillés témoignent de la présence de ces tribus primitives» relevait Josse, auteur de l’ouvrage «Aux environs de Lyon» (1892). L’un d’eux, trouvé à la Glande, est daté du Paléolithique moyen. Des agriculteurs comme A. Mathias ont récolté de ces minuscules pointes de flèche ou de couteau caractéristiques du Mésolithique (8 000 ans avant J-C). Enfin, sur les flancs du Verdun, le reste d’un mur pourrait bien trahir la création, dans ce lieu stratégique, de l’une de ces villes-forteresses que motivaient les conflits entre les tribus gauloises et la menace des invasions...

A l’époque gallo-romaine, l’occupation humaine se poursuit comme en témoigne la découverte de monnaies sur presque tous les sommets. Le nom du village (Polemniacus) semble, comme Pollionay, dériver d’Apollon. En son cœur, les ingénieurs romains ont capté les sources pour approvisionner l’aqueduc, ouvrage dont la prouesse technique (longueur de siphon, uniformité de dimensions et de construction...) justifierait la dernière datation avancée, soit fin du Ier siècle après J-C.
Renouant avec la tradition romaine, le grand domaine carolingien distribue des parcelles, les manses, qui deviendront mas médiévaux, puis hameaux. Au Xème siècle se font jour, dans le cartulaire d’Ainay, la villa Polamiaco et celle de Cavannas (Chavannes). Les chapitres d’Ainay, de Saint Paul et de Saint Jean se partagent un territoire dominé par la famille chevaleresque de Marchamp (présente à Anse dès le XIème siècle), où Guillaume, co-seigneur de Saint-Germain, Curis et Poleymieux, abandonne la haute justice au chapitre Saint-Jean. On trouve en 1258 Etienne de Lissieu, seigneur de Poleymieux.
Rare et précoce document, un terrier de 1260 rédigé en franco-provençal énumérant les cens dus en argent ou en nature au bénéfice du chapitre Saint-Jean, enregistre une trentaine de vignes, 23 terres, 3 saulaies, 6 bois, 3 maisons et leurs verchères, ces précieuses parcelles potagères. Une formidable révolution agricole est en marche, sur l’initiative des seigneurs qui exploitent fours et moulins. Les défrichements permettent l’extension des terres cultivées, grâce à la jachère (rotation des cultures).
