Sur ce revers du mont Verdun où l’architecte et romancier C. Tisseur situait en 1886 la jeunesse de son héros André, entre ville et campagne, le paysage n’a rien perdu de son attrait, offrant une vue jusqu’au Beaujolais... S’il est aujourd’hui inhabité, il n’en fut pas toujours ainsi. Ici plus qu’ailleurs se sont conservés les vieux toponymes, nés de cette «géographie qui parle gaulois» (J. Lacroix)...
Avançant sa proue sur le val de Saône, la Croix Rampau est l’ancienne montagne du Calvaire où l’on bénissait le buis toujours vert, sacralisé par les druides et christianisé ensuite dans le rituel du dimanche des Rameaux. La table d’orientation, dressée en 1937 avec le Touring Club, déroule un vaste panorama.
Au débouché du chemin piquant sur Saint-Germain, jadis emprunté par Ampère pour rejoindre sa fiancée Julie, le vieux moulin de la Pent doit sa conservation partielle à la vigilance du maire Meyfredy, qui y fit graver une phrase du savant. Il s’agissait d’un moulin-tour, modèle le plus répandu, avec ses murs massifs, son toit conique et mobile orientant les ailes face au vent.
Vient ensuite, dans un coude du chemin des Carrières, le lavoir de Cendre, doté d’une serve (pour abreuver les troupeaux) et sans doute issu de la reconversion d’une citerne antique, selon M. Garnier. A droite s’étend la prairie de Chaucins (devenue Sauchain), la plus belle de la commune d’après Raverat, longtemps boisée avant les défrichements.

Plus bas, le captage des Avunes alimentait un vaste bassin à rouir le chanvre. Le terrier de Saint-Paul indique une «Fons Davona» dont l’origine pourrait être gauloise, «Alauna» désignant l’eau nourricière... A proximité du bassin, une caborne a remployé une pierre d’autel ayant peut-être appartenu à l’ancien Ermitage Saint-Antoine, acquis par L. Gayet et restauré par son petit-fils Antoine en 1713. Ce dernier avait fait rebâtir la cellule, les toits et le clocher proches de la ruine pour y installer le père B. Rousset et l’archevêque de Lyon était monté bénir la nouvelle cloche.