Non loin de là, se situe la fontaine de Prelle et P. Nicholai reconnaît en 1411, une terre au lieu-dit «la Caborne». C’est la plus ancienne mention de cette architecture de pierre sèche déclinée en cabanes et murets qui fait la particularité du Mont d’Or. Le sentier thématique permet de revisiter ce vaste mouvement de colonisation paysanne qui culmine au XVIIIème siècle et durant lequel l’espace a été conquis, pierre après pierre...


Les Lyonnais commencent à acquérir des biens à Poleymieux. C’est le cas de l’entreprenant H. Jossard*, sans doute attiré par la mine de plomb voisine (à Chasselay) et dont les héritiers cèderont la seigneurie à une autre famille de maîtres mineurs, les Baronnat*, qui possèdent au mont d’Or plusieurs granges. Ce système, mis en œuvre dès le XVème siècle dans la campagne lyonnaise, lie le propriétaire au fermier avec lequel il partage la moitié des fruits du domaine. En 1573, N. de Nicolay signale une paroisse et un château fort : «en païs de vignobles, y croist quelque peu de seigle à cause que le pays est froid». Ses forêts giboyeuses, où le seigneur chasse «les grandes bêtes» avec ses enfants, ont motivé l’installation d’un tribunal forestier et sans doute d’une faïencerie, par l’Italien Gambini ou ses fils, dans le hameau qui porte leur nom. Quant à Lambert Gayet, il apporte «aux champs», à la Perronnière en 1666, le raffinement transalpin des décors peints...


«Sans la quiétude du lieu, le plus célèbre de ces bourgeois lyonnais, le grand Ampère*, aurait-il pu épanouir son génie ?», s’interrogeait A.Vernay. Dans les années 1780, l’enquête de l’intendant compte 80 foyers, parmi lesquels 5 maisons bourgeoises, soit 431 habitants dont une vingtaine de pauvres «à l’aumône», quelques artisans et trois cabarets. Au XVIIIème siècle, à l’époque très prospère de l’agriculture locale, due à la proximité de Lyon, les bressans viennent travailler à Poleymieux (travaux de défrichage et d’épierrage des champs pour faciliter les façons culturales). Les villageois, «très sages, très laborieux et presque tous logés chez eux» (A. Gayet), vendent beaucoup de vin dont le transport serait plus aisé si les chemins étaient moins rudes et difficiles. En plus du fardeau de la taille et de la dîme, les terres, accaparées par les privilégiés, manquent cruellement...





Ferme aux Gambins

Statue d’Ampère (route d’Ampère)

*Jossard (Hugues), vers 1365-1408, fils d’un bourgeois de l’Arbresle, bachelier en droit, connut une ascension fulgurante. Procureur de l’archevêque (1388), il détenait des biens à Poleymieux ainsi que des terres à Châtillon d’Azergues où il exploita des mines avec l’appui du roi qui l’anoblit en 1398. Ses fils partageront les seigneuries de Châtillon et Poleymieux entre leurs descendants parmi lesquels un certain Urbain Terrail.
*Ampère (A.M.), 1775-1836, seul lyonnais pouvant se targuer d’avoir fait de son nom un nom commun. L’existence de cet homme qualifié de «Kepler et Newton de l’électrodynamique» fut jalonnée de drames : la mort de son père, guillotiné en 1793 par le Comité de Salut Public, celle de son épouse Julie, enfin l’échec d’un second mariage, que seules sa foi et la passion de la recherche permirent de surmonter.