En 1783, on fête au château l’anniversaire du curé en gonflant une des premières montgolfières en papier. Bientôt, 1789 amène la rédaction d’un volumineux cahier de doléances, puis on élit le premier maire aux Gambins et la Garde Nationale s’organise. L’année 1791, épisode dramatique tant narré, voit l’assassinat de Guillin du Montet*, rappelant celui du gouverneur de la Bastille deux ans auparavant. Beaucoup plus qu’en ville, la Révolution entraîne un bouleversement des pratiques campagnardes. D’abord, la vente des biens nationaux opère un important transfert de terres profitant aux plus nantis. Surtout, c’est la fin de coutumes millénaires comme le droit de pâture et de glanage sur les terrains des uns et des autres. «On met des clôtures et des haies partout pour clamer son droit de propriété» dit G. Peytel, ce qui produit le tapis bigarré des champs...




Au XIXème siècle, les défrichements se poursuivent, ne laissant que quelques bouquets d’arbres sur les sommets pris d’assaut par la vigne (105 ha sur les 600 ha communaux). «Dans cette jolie vallée qui respire l’aisance, le vin est un des meilleurs du Mont d’Or», écrit E.Vingtrinier*. On produit beaucoup de bois et de foin que dévore la grande cité enflée par la révolution industrielle. Les céréales occupent les bonnes terres des replats tandis que les prolifiques ovins pâturent les communaux du Verdun, rescapés de la Révolution. L’emplacement projeté pour la nouvelle église, vers l’ancien bâtiment de la dîme, se voit récusé par les habitants du haut, et la nouvelle mairie-école s’implante elle, en bas. Le mont Verdun, lui, affirme sa vocation de pivot de la défense lyonnaise avec le fort , construit en 1874 et que parachèvera au siècle suivant la base de contrôle aérien. Les guerres napoléoniennes, éliminant les faibles exploitations, entament la transformation de l’agriculture dont le seul moyen de survie est de produire toujours plus et qui s’oriente vers les productions fruitières. Avec la mécanisation, les animaux, hormis les chèvres et les vaches, s’éclipsent du paysage qui fait place au remembrement.


Dans les années 1930, Poleymieux est accessible par la sinueuse corniche, offrant, grâce à l’automobile, une perception nouvelle de ses fastueux panoramas. Cette orientation touristique se poursuit avec la création du Musée Ampère puis d’une halle paysanne. Actuellement le maintien des activités agricoles s’accompagne de l’obtention d’une A.O.C pour le vin et la réalisation de coupures vertes pour préserver l’organisation de l’habitat en hameaux.




Fort du mont verdun

Halle paysanne

*Vingtrinier (A.), imprimeur, historien et bibliothécaire, auteur du Lyon de nos pères.
*Guillin du Montet (M.A.), engagé à 14 ans puis entré au service de la Compagnie des Indes, devint gouverneur de l’Ile de Saint-Vincent reprise aux Anglais. Commandant du Sénégal en 1780, il fut ensuite exclu de la marine pour exactions. Il fut successivement acclamé puis détesté par les Poleymoriots. L’implication de son frère dans un complot royaliste déclencha la perquisition décidée par le club de Chasselay, aboutissant au pillage du château et au massacre de l’ancien corsaire.