Qu’est-ce qu’une caborne, demandent souvent de bons Lyonnais ? Pour avoir la réponse, le mieux est de partir sur le sentier aménagé par le Syndicat mixte et la Pie Verte que l’on peut rejoindre en coupant depuis la belle croix de la Perronnière, par le pittoresque chemin des Ollages, du gaulois «ovi» signifiant brebis (dont les Celtes entretenaient de nombreux troupeaux). A droite, la grande caborne au linteau de bois récemment restaurée ressemble à une bergerie. A-t-elle abrité des brebis ou ces chèvres gourmandes qui, déjà au XVIIIème siècle, n’avaient plus la liberté de vagabonder dans la campagne «au grand chagrin des femmes mais à l’avantage de leurs maris», comme le rapporte A.Gayet ?


Selon Littré, caborne comme cabane dérive du celtique cab (hutte) et à Chambéry où l’on parlait aussi le franco-provençal, on désigne ainsi des échoppes accolées aux maisons. Une croix de Savoie, gravée sur le linteau d’une cabane démolie, corrobore la tradition orale qui attribue aux migrants de toutes les époques la construction de ces abris anonymes (M. Garnier*). Raverat* s’interrogeait sur l’usage de «ces petits réduits (…) construits par les bergers, dont la forme rappelle les huttes des Indiens et dont l’ouverture ressemble à un four de boulanger». Vingtrinier, lui, les trouvait si courants qu’il ne leur prêtait plus attention...
Mais pourquoi ont-ils pullulé dans le Mont d’Or ? Dans les archives notariales, nombreuses sont les mentions de ces cabornes «fermant à clef pour serrer les outils» comme celle du carrier C. Theve en 1651 ainsi que les prescriptions de reconstruire, lors des partages, ces loges ou chapits (la loge étant dès le Moyen Age, l’endroit où travaille le tailleur de pierre). Ces petites maisons sont également présentes dans les enclos de vignes, témoignant d’une profonde mutation du paysage. En effet, nombre de vieilles carrières furent comblées et reconverties en terre à vignes, les anciennes cabanes des carriers servant alors d’abris aux vignerons.