
A première vue, il est bien malaisé de trouver un centre dans ce chapelet de maisons accrochées à la pente... Les vieilles fermes dorées dont on admire l’imbrication des volumes n’étaient pas du goût d’Ogier en 1849 qui les trouvait des plus communes, «jetées sans ordre sur un sol irrégulier, elles ne produisent dans leur agglomération que des carrefours», pestait-t-il...
Tout en haut, domine le clocher carré de la première église romane, dédiée à Saint Victor et qui, lorsqu’elle était encore tapissée d’ex-votos, constituait l’exemple type des églises de campagnes (Vingtrinier). Agrandie au XVIIème siècle, elle a été désaffectée pour devenir résidence bourgeoise.
Non loin de là, une grosse tour couve le paysage. A l’origine destinée à défendre l’entrée du château, elle servit ensuite aux commissaires (juges royaux), avant d’être léguée par la famille Risler à la municipalité. Les plans et relevés conservés au Fonds Morand, réalisés par l’architecte auquel Guillin avait confié la restauration du château, permettent de se représenter l’édifice avant la Révolution. Ils décrivent un vieux donjon roman, inscrit dans une construction quadrangulaire, ourlée d’une dentelle de créneaux et cantonnée de petites échauguettes, dont on ne voyait plus que les culs de lampe (supports) du temps de Raverat... Restent la base avec ses murs de 2 m d’épaisseur, l’arc plein cintre de la porte dans lequel coulissait la herse, ainsi qu’un blason à l’écu martelé tendu par deux chiens et coiffé d’un cordon... Au sud s’étendait le jardin orné d’un bassin circulaire. A l’est, sous la terrasse, Morand avait projeté un extraordinaire parterre en hémicycle. Au nord, la rectification du chemin et de la place de l’église, amenant le déplacement du cimetière, avait provoqué la révolte des paroissiens.


Au sommet, dans l’axe du mont Py, l’ancienne garenne du seigneur offrait «une vue des plus estendue du Royaume» (A. Gayet). Ce système permettait de regrouper les lapins sauvages dans une réserve de chasse. La tour dite du Pavillon assoit une base octogonale, comme le donjon du château de Trévoux, fortifié au XIVème siècle. Au XIXème siècle, un paysagiste réputé l’aménage puis, en 1970, l’architecte Georges Adilon signe un agrandissement à la hauteur de ce site exceptionnel.