La Perronnière ou la campagne bourgeoisement


Au milieu de ce hameau, dit aussi anciennement «des Verchères», se dresse un porche majestueux ouvrant sur une cour et une grosse bâtisse carrée. «Ce fut en juin 1666 que Lambert Gayet père acheta le domaine de la Perronnière (…) il fit plusieurs acquisitions de fonds (…) le tout forme un grand clos de 63 bicherées - environ 7 ha - (…) il fit batir la maison du maître en 1666 et 1667 et fit fermer son clos qui contient terres labourables, vignes, bois, jardins, cours, basse-cour, logement du maître distinct de celui du granger, écuries, étables (…) colombier, cuvier dit tenailler et fit creuser un grand puits…». C’est ainsi qu’en 1738, Antoine, son petit-fils, consigne l’histoire du domaine dans un manuscrit retrouvé au fond d’un grenier à Curis. De son mariage, Lambert eut 15 enfants baptisés à Saint-Paul dont six survécurent. Un autre marchand de soie résidant dans ce quartier, J.J. Manis, déclarait en 1640, 17 enfants dont un certain Nicolas (11 ans), futur Sieur de Champvieux, tout proche sur Saint-Germain...




Dès 1731, Antoine rénove cuvier, grenier, «l’estable pour les brebis et la chambre au-dessus pour les valets», puis la curieuse écurie voûtée en pierre et mortier de terre que l’on remarque encore au sud et qui était coiffée d’un grenier à clocheton sonnant les heures. Il fait ensuite miner (défoncer le sol pierreux) pour planter un buissonnier (arbres taillés), remplir la terrasse et clore un verger, précieux car «tout ce qui y croist est de très grand goût»...


On peut, ici encore, observer les principes de base énoncés par Ch. Estienne dès 1554 et repris par O. de Serres, depuis l’entrée «regardant au couchant, avec son portail au-dessus pour se mettre à couvert quand il pleut», jusqu’au logis du maître, en face, «ses principales croisées au levant et ne réservant qu'une demi-croisée sur la cour pour avoir vue sur ses gents» ! L’ancien logis du fermier, à gauche, donnait quant à lui sur le potager. A l’intérieur, un grand escalier droit en pierre dorée partage en deux cette demeure dont les actuels propriétaires exhument peu à peu de savoureux décors peints.