Des Gambins aux Chavannes


Au creux du vallon des Gambins, le grand lavoir recevait par une galerie à présent murée, l’eau de la source romaine du Thou qui alimentait encore la commune au milieu du siècle dernier. Une galerie annexe partait d’un réservoir voûté, en partie d’origine romaine, et constituait le point de départ de l’aqueduc, dont le canal compensait ensuite la pente jusqu’aux Rivières, sans doute grâce à un système de chutes et de puits formant un escalier hydraulique. Juste au-dessus, la prairie des Charlettes, gorgée d’humidité, était le lieu de prédilection des revenants, lutins et sorcières menant leur sabbat...



Lavoir des Gambins

Nombre d’indices attribuent le nom du hameau à G. Gambini, venu en 1570 de Faenza seconder S. Griffo dans sa «manufacture de terre» et parti à Nevers fonder sa célèbre faïencerie, en 1588. L’un de ses fils restés à Lyon, fut à l’origine d’une faïence blanche, devenue une spécificité lyonnaise.


Sur la route principale, on découvre une simple grange... Il s’agit du berceau d’un des génies des Lumières, Ampère . Depuis 1930, la modeste demeure où se déroula sa jeunesse à la fois studieuse et insouciante, abrite, grâce aux frères Behn, le Musée de l’Electricité. Le négociant en soie J.J.Ampère, devenu procureur fiscal du seigneur Servant, fit l’acquisition de ce domaine en 1775. Un plan exécuté en 1786 dessine un clos inchangé dans sa configuration générale. Sous la chapelle, à la place du parking, verchères, vignes et prés s’étendaient jusqu’au Thou. A droite de la longue bâtisse, la maison du maître est séparée par un muret du logis du fermier, précédé par les communs ainsi qu’une grange monumentale. Dans la grande salle du premier, ouverte par un balcon, on mesure l’atmosphère de sérénité agreste qui baigna les années de formation du jeune autodidacte, se nourrissant de l’Encyclopédie paternelle. La grande statue d’Ampère , un peu plus bas, fut réalisée en bronze dès 1912 par Vermare puis inaugurée en 1921 et cachée dans une grange sous l’Occupation.




Au début de la montée des Chavannes, deux croix dans l’axe du chemin conduisant à la Combe Saint-Paul, correspondent, comme souvent, à une galerie de captage souterraine. La seconde coiffe une gracieuse niche rocaille gravée d’un cœur et d’une roue solaire, entourés des outils des tailleurs de pierre.