HISTOIRE DE SAINT-CYR-AU-MONT-D’OR :

belvédère sur la ville sculpté par les carrières

Au Mont Cindre, un riche gisement de faune du Miocène fut découvert dans une poche d’argile, témoin de la longue gestation du Mont d’Or il y a 10 millions d’années... Sur le plateau de Graves, ce furent des débris de mammouths datés du Quaternaire et sur les pentes des monts Thou et Laroche, à Crécy et à la Dargoire, Falsan fait état de couteaux de silex issus des temps protohistoriques, souvent mêlés à des tuiles et monnaies gallo-romaines.


L’époque gauloise préfigure le Moyen Age... Ainsi retrouve-t-on l’empreinte celte dans certains toponymes médiévaux non latinisés. Le nom même du village pourrait venir de sir qui a donné sieur (contraction de seigneur), ensuite christianisé. Le toponyme Manthelan, désignant jusqu’au XVIIIème siècle le territoire au-dessus du château, est la combinaison de mantalo-magos (route du marché), soit l’un de ces lieux de foire qui jouaient un grand rôle dans un contexte de fermes dispersées, d’après J. Lacroix. Le réseau des «charrières» garde le souvenir de ces chariots bâchés qui ont assuré la conquête celte en Europe...


La colonisation romaine est passée par là, comme en témoignent plusieurs découvertes : un bassin circulaire de décantation aux Auges (vestige de l’aqueduc du Mont d’Or), une plaque de marbre dédiée aux dieux Manes à la Chaux, des fresques et vestiges de villae à Saint-Rambert et Rochecardon... Le cadastre sur les pentes du Monteiller ne porte-t-il pas le nom de «vignes romaines» ? Les bois de Chatanay, aux châtaigniers si utiles à la tonnellerie, se souviennent-ils des légionnaires friands de châtaignes ?


A Saint-Cyr, l’archevêque de Lyon héritier de l’empire carolingien décide la construction d’un château-fort pour asseoir son pouvoir face aux seigneurs du Forez et du Beaujolais. Lancé «somptueusement» par le sénéchal Girin au XIIème siècle, il loge en 1305 la suite de Clément V... Jusqu’en 1789, l’archevêque administre la seigneurie avec les chanoines-comtes de Saint Jean, contrôlant méticuleusement ses revenus à l’aide des terriers (registres de rente foncière). Au XVème siècle, une fois éloignées la guerre et la grande peste, ces terriers renvoient l’image d’une grosse bourgade, paroisse la plus peuplée des environs (120 feux), comptant une dizaine d’artisans et une centaine de maisons...



Château-fort

Révélateurs du paysage médiéval, les testaments des Saint-Cyrois mentionnent des coffres de noix et «asnées de froment» léguées aux veuves... En 1345, quelques-uns, comme A. Girardin, disposent d’une pièce chauffée dite charfour (alors signe d’un grand confort) éclairée d’une fenêtre à colonnes romane, d’une loge abritant le pressoir, d’un terrain à chanvre... Quant à G. Barberi, il jouit d’une maison à étage avec celliers au rez-de-chaussée et estra (galerie de bois) menant au grenier.