UN BOURG DONT LE COEUR EST UN CHÂTEAU



En arrivant sur la grande place du village par la route de Lyon, une école monumentale s’impose à la vue, puis, en contrepoids, une église pointe sa flèche altière. Difficile de soupçonner, derrière les maisons sagement alignées, les murailles d’une redoutable forteresse dont émergent peu à peu les «vieilles tours». L’esplanade de la place de la République fut aménagée seulement en 1860, sur la combe profonde creusée par les carrières à l’Est et le spectaculaire rocher formant au Sud une défense naturelle.


On peut encore pénétrer par les deux portes qui perçaient l’enceinte cantonnée de cinq tours dont subsiste le puissant donjon. Perfectionné à la fin du XIIIème siècle par R. de Forez, il accuse une fonction résidentielle marquée, avec ses quatre fentes de jour, sa porte romane ouvrant sur l’aula (salle d’audience et de banquet), ses latrines (au Nord) s’évacuant dans les fossés... En 1416, le chapitre commande, pour mettre l’enceinte en état de défense, un hourd (galerie de bois pour aligner des canons) sur le donjon, puis des mâchicoulis de pierre à l’Est et des créneaux à l’Ouest. On ajoute enfin des échiffres (guérites de bois) porte Sud «pour jeter pierres de toutes parts».




Eglise avec sa flèche altière.

«Maison du curé»

Intra-muros, A. Campone reconstitue, d’après le terrier de 1392, un réseau de petites bâtisses densément imbriquées, adossées au rempart, excepté à l’Ouest où se dressent les bâtiments seigneuriaux. La maison que reconnaît le curé G. de Servilliaco est probablement celle ornée du monogramme christique... Nombreux sont les tenanciers possédant une habitation dans les hameaux alentour. Au N° 7, Cour du Château, une façade Louis XV ménage une niche votive en remploi, œuvre du tailleur de pierre J. Perricaud (1608).


En 1605, on répare encore la tour de la Penelle où flottait le lion seigneurial. Les murs, dont un pan s’effondre en 1660, sont peu à peu aliénés comme terrains à bâtir et les fossés plantés de noyers, dont le dernier seigneur de Pingon donnera le produit (l’huile de noix) au luminaire de l’église... Aussi la forteresse prend-elle une «bonne figure bourgeoise» (Josse). La vénérable chapelle romane agrandie par Ranchon a subi un bain de jouvence. Elle exhibe, outre sa croix de Saint-André en façade (jadis sur le portail roman), des fresques et les pierres tombales d’anciens saints cyrots...



Chapelle romane