Histoire de Saint-Didier-au-Mont-d’Or :

à cheval entre monts et vallons, un florilège de châteaux bien lyonnais

Le plus ancien Désidérien à nous avoir laissé des traces est une sorte de crocodile, le Chirotherium, qui a gravé ses pas au Trias (il y a 250 millions d’années) dans une plaque de grès à Letra. Dans les carrières du Lias de la Ferlatière ont également été retrouvés des os de mammouth et de renne à proximité de silex taillés, que l’on trouve aussi nombreux à Narcel. Quant aux belles haches polies du Néolithique trouvées là, mêlées à des débris antiques et signalées par Falsan, elles pourraient provenir des filons de diorite qui s’insinuent dans le gneiss...


Pour assouvir l’énorme consommation de Lugdunum, la plus grande colonie de Gaule, l’aqueduc du Gier construit sous Agrippa (le premier et le plus long, employant la technique du pont-siphon) ne suffisait plus. Il fallut exploiter ce château d’eau tout proche qu’est le Mont d’Or. La construction de l’aqueduc a certainement marqué la topographie locale, souligne Michel Garnier*. Exposé au musée gallo-romain de Vienne, un tuyau de plomb marqué d’une inscription romaine, provient d’une maison de Saint-Didier...




Dès le Xème siècle, les cartulaires des abbayes d’Ainay et de Savigny enregistrent des donations de terres au Mont d’Or dans la «villa vocatur Campania» et celle dite «Floriaco». Bientôt, on honore «Sanctus Desiderius» lequel, parmi les innombrables Didier sanctifiés, est probablement l’évêque de Vienne, lapidé en 608 pour avoir accusé de dévergondage la reine Brunehaut... Entouré d’une poignée de maisons, le vénérable sanctuaire roman, avec son «abside en hémicycle et un magnifique clocher quadrangulaire décoré de deux fenêtres à petites colonnettes» (Ogier) formait le vieux bourg au pied de Fromente et d’une source. En 1381, les habitants avaient obtenu du chapitre Saint-Jean de le fortifier à leurs frais.


La population se regroupe alors en une dizaine de hameaux parmi lesquels le plus conséquent (soit une vingtaine d’habitations) semble être celui qui avoisine la vieille chapelle Saint-André, entouré d’une enceinte à l’égal des sauvetés (villages fortifiés) créées sous la protection de l’Eglise du IXème au XIème siècle. Décrit encore dans un terrier du XVème siècle dépendant de l’archevêque, il sera abandonné au profit d’un nouvel emplacement sur la colline au-dessus, écrit A.Campone. Cette rente de Saint-André dénombre une douzaine de tenanciers lyonnais. Parmi eux, plusieurs bouchers exploitent le long du ruisseau des prés très convoités pour répondre à l’augmentation de la demande urbaine...


*Garnier (M.), auteur de Carriers et carrières dans le Mont d’Or lyonnais (Tome I : De l’extraction de la pierre à la transfiguration des sites, Tome II : De la pierre des Carrières aux ouvrages pour les hommes et pour les eaux, Tome III : La civilisation du symbole : de la pierre terrestre à l’édifice céleste).