Une centaine de Désidériens vivent aussi de l’exploitation de la pierre. Autour du meunier Galatin, une première municipalité voit le jour, installée dans une maison vers l’église. Après le siège de Lyon, la ville «renaît de ses cendres», selon le préfet Verninac en 1801, et l’exploitation de la pierre de Saint Fortunat, «la plus excellente qualité de tout le Mont d’Or» (Alléon-Dulac*), bat son plein.


Saint Didier totalise au XIXème siècle une vingtaine de carrières. Dans ce gros bourg, «un sol privilégié répond aux soins d’une habile culture» note Vingtrinier*, ce qui explique ce paysage-patchwork décrit par le docteur Grognier où les chèvres sont reines et le noyer roi, les maisons toutes entourées d’un clos, potager et verger pimenté de vignes, trèfles, luzernes et céréales. Pour garnir les grands parcs dessinés par des paysagistes réputés, comme les Luizet, l’horticulture se développe. Cette prospérité, assortie du doublement de la population, entraîne une mutation du centre. Le bourg ancestral, à l’étroit sur sa terrasse, et son vieux sanctuaire, sont abandonnés pour le plateau venteux qui accueille successivement la nouvelle église (1863), les écoles, le presbytère (mairie actuelle), la poste, une grande place. Le secteur est également desservi par une nouvelle voirie amenant le tramway en 1907. A la fin du siècle, Saint-Didier est frappé par la fermeture des carrières et la crise phylloxérique. Le hameau de la Voutillère déclare vouloir faire partie de Champagne. La commune perd 35 % de sa population...




Mairie

Ecole publique






Pendant la Grande Guerre, elle paiera un lourd tribut dont témoigne un monument à l’entrée de la rue de la Résistance . Dès les années 1920, la banlieue grignote peu à peu les pentes, l’agriculture décline (encore 15 exploitations en 1991) au profit des nouvelles résidences bourgeoises. Tony Garnier signe ainsi l’extension de la Villa Gros, alliant rigueur et simplicité dans l’emploi du béton. C’est dans le même esprit que dans les années 1950, F.R. Cotttin et R. Gages, dans leurs réalisations du chemin des Esses, introduisent la modernité dans le paysage montdorien. Saint-Didier, si longtemps pénétré de l’empreinte urbaine, poursuit cet élan...



*Alléon-Dulac (J.L.), académicien et avocat, auteur en 1765 d’un précieux Mémoire pour servir à l’histoire naturelle des provinces du Lyonnais, renseignant sur les variétés de pierre du Mont d’Or et leur utilisation.
*Garnier (Tony), (1869-1948), architecte lyonnais plus proche de l’esprit d’Eiffel que de l’Art Nouveau. Elu en 1899 Prix de Rome, il affine là son goût pour l’antique et dessine les plans de sa visionnaire «Cité industrielle». A Lyon, dès 1909, sous les municipalités d’Augagneur et d’Herriot, il imprimera le paysage architectural (Abattoirs de la Mouche, stade de Gerland, hôpital H.Herriot, quartier des Etats-Unis).
*Vingtrinier (A.), imprimeur, historien et bibliothécaire, auteur du Lyon de nos pères.