EN ARCHE SUR LA PISTE DE L’AQUEDUC, jusqu’à la Ferlatière



Balcon du 17



Dès le XIVème siècle est mentionné «la manse de la Richoniera» ou «Mare de Richonière» puis au XVIIIème siècle «à la Richenière», pour enfin aboutir à l’Archinière. Jusqu’à la création du nouveau centre, les hameaux de la Haute et Basse Archinière eurent une importance grandissante, implantés sur des chemins très fréquentés (les cheminements est-ouest et les voies nord-sud) plus encore avant 1840, lorsque le vallon d’Arche n’avait pas de débouché au sud. Ils avaient une vie intense et autonome, animée par de nombreux artisans, à l’image du menuisier P.A. Vincent dont le monogramme timbre le balcon du 17, rue de Résistance. Leurs maisonnettes se concentraient autour du puits commun ou le long du souterrain collecteur d’eau, pour «ceux qui avaient accès à l’eau» (M.Garnier), et l’on «traboulait» de l’un à l’autre...



Le chemin des Barres pique sur le vallon et son lavoir, selon Raverat, aurait été envié par beaucoup de petites villes... Déplacé en 1820 et rénové en 1995, il a conservé une partie de son toit et ses pierres, autrefois frappées à l’aide de battes par les lavandières que l’on entendait dans tout le vallon.




Lavoir

Le pont d’Arche

Plus haut, le pont d’Arche, dont l’arcade centrale a été percée pour le passage de la route, est un ancien ouvrage hydraulique comportant conduit et citernes et qui permettait le passage des chars de pierres. La rivière d’Arche est célèbre pour les nombreux conflits dont elle fit l’objet entre meuniers et agriculteurs, dès 1468 et ce jusqu’en 1806. Les premiers désiraient se réserver tout le débit tandis que les seconds mettaient en avant leur droit de «prise d’eau» pour irriguer leurs prés. Ces derniers finirent par obtenir gain de cause. Le ruisseau égrenait ses moulins jusqu’à Saint-Cyr, le premier au territoire de Tallers, rétabli par le Sieur Grabert en 1658, sans doute l’ancien moulinage (moulin à grain transformé pour la filature) de la route de Saint-Fortunat.


L’aqueduc, après avoir franchi l’éperon du Monteiller, zigzaguait pour suivre les courbes de niveau et enjamber le vallon vers le chemin des Barres, certainement à l’aide d’un pont supporté par des arches. Passé le Monteiller, en redescendant sur la Ferlatière, on ne soupçonne plus les immenses carrières qui ont rongé l’arrête de la colline, et dont les déblais (marrains en lyonnais) ont formé le Grand Marrain où aboutissait le sentier du Diable et son Trou, profond souterrain de carriers.