Au sommet de la montée des Esses s’ancre au seuil des bois un discret et élégant paquebot conçu par R. Gagès selon les principes de Le Corbusier, la résidence du Val Crécy Elevée sur de puissants pilotis libérant tout le rez-de-chaussée et assurant un accès piéton séparé, elle offre de longs balcons au sol de bois apparent et un vaste hall vitré.
F-R. Cottin, un autre pionnier de l’architecture contemporaine (et instigateur comme Gagès d’une école régionale d’architecture d’après-guerre) a laissé plus loin, au N°46 du chemin des Esses, une œuvre de jeunesse réalisée en 1951. C’est la maison de Madame Thou qui, coiffée d’un toit à deux pans en impluvium (concave), emploie largement la pierre dorée et découpe une immense baie vitrée sur le jardin.

Un portail monumental du XVIIème siècle, époque à laquelle fut reconstruite cette ancienne demeure, ouvre bientôt sur l’allée cavalière de la Remillotte. La maison de maître, avec son pavillon carré et les communs, donne sur une cour intérieure où pénétraient charrettes et carrosses. Ainsi accédait-on directement au vaste hall d’entrée desservant les salons au midi. L’immense domaine déroulait jusqu’à Rochecardon de longues allées de tilleuls et de mûriers et possédait un riche mobilier vendu en 1936. En 1738, l’échevin J. Monlong y accueille le jeune Soufflot à son retour d’Italie. Ce dernier aurait conçu ici les plans du nouvel Hôtel-Dieu, de l’Opéra et de la Loge du Change.
Du château Ferrand, œuvre de P.E. Bissuel (1880) et qui trônait au bord du plateau, ne reste que la maison de gardien, typique de ce style mi-chalet mi-cottage de la deuxième moitié du siècle. Elle forme l’entrée du Val Rozay, à l’angle du chemin Ferrand.

Au lieu-dit la Fucharnière, Le Château du Mont d’Or, imposante bâtisse du XVIIème siècle, évoque un palais romain. Il présente un grand portail avenue Pasteur qui n’est autre que l’ancienne allée de la propriété, créée à la place d’un vieux chemin allant de Saint-Didier à Saint-Cyr. Le sieur Grabert avait aussi obtenu en 1658 de forer une galerie de captage pour alimenter ses jardins «comme aussi de mettre des créneaux aux murailles de clôture de son tènement», chose courante à l’époque et qui explique peut-être le terme de «château»...

Rue Rongier s’ouvre une voûte accédant à une cour qui distribuait les communs par deux galeries. On pouvait ainsi comme à la Remillotte, arriver directement en carrosse dans le vaste hall, ouvert à l’origine et abritant un superbe puits. De là un confortable escalier conduisait à une tour où la vue portait, dit-on, sur 53 clochers et qui est ornée d’un plafond peint représentant «Phaëton conduisant le char de soleil», thème en vogue sous Louis XIV, ici environné de bergers gardant des chèvres à long poil. La façade principale, ponctuée d’un balcon soutenu d’énormes consoles très baroques, s’ouvrait sur quatre parterres entourant un bassin circulaire, à cette époque où les collections de fleurs et de bulbes faisaient fureur. Le tout était enfin encadré de jardins potagers et de vignes. Au XVIIIème siècle, la maison devint célèbre avec les érudites Demoiselles Krown, auxquelles le roi Georges III aurait confié l’éducation de ses filles.
L’église, «construite dans ce style hybride qui participe du byzantin et du gothique de toutes les époques» (Raverat), signale le centre de l’agglomération actuelle, regroupant commerces et marchés. En 1859, le conseil, votant le transfert du petit cimetière et la vente du vieux sanctuaire, commande les plans d’un nouveau sanctuaire à Bernard* qui vient d’achever celui de Limonest. Inauguré par le cardinal de Bonald, il possède d’heureuses proportions inspirées de Saint-Paul à Lyon et un porche couronné d’une Vierge imposante.