Des Seignes à Saint-André



Lavoir


Par la ruette à Ballet, on peut gagner directement le vallon des Seignes. En 1651, le marchand teinturier de soie G. Ballet obtenait permission de pratiquer divers travaux d’adduction d’eau pour alimenter son clos comme l’ouverture d’une ruette et d’une voûte pour accéder à l’autre partie de son domaine.


A mi-pente s’étage le hameau du Pinet qui n’a guère changé, depuis 1725, avec son lavoir surplombant le ruisseau.



Au-dessus, la ruelle de la Vache grimpe au hameau du Bois dit aussi d’Albigny, où six habitations se groupaient autrefois autour d’un puits. C’est ici que M.Rast, futur échevin, aménagea, dès 1722, et afin d’éloigner sa famille du choléra, une maison de campagne avec poulailler, orangerie, chapelle et surtout des jardins sophistiqués qui s’étendaient sur une vaste terrasse ourlée de ceps de vigne. La propriété fut embellie par ses descendants, dont le grand voyageur Henri, qui introduisit de nombreuses espèces exotiques et Joseph qui créa en 1830 une pièce d’eau alimentée par le Pinet.



Ancien moulin de Thiolay

Du chemin du Petit Bois surgit la silhouette massive de la maison Saint-Olive dont le grand parc, œuvre de Luizet, s’achève par des étangs le long du chemin du Bois. Nous sommes dans la Combe Ferrand, prolongement du vallon des Rivières, où se dresse encore le moulin de Thiolay, haute bâtisse en «L» qui fonctionnait avec une double écluse et dépendait en 1338 de l’abbaye de l’Ile Barbe.


Il semble bien que la maison qui apparaît et disparaît au souffle de la brise, «bâtie dans le goût moderne des résidences d’été des environs de Paris» (Ogier), soit la propriété des Seignes, acquise en 1792 par le négociant Th. Brolemann, ancêtre du géologue F. Roman. Chemin du bois, elle ouvre sur une belle cour de ferme.



Propriété des Seignes

D’ici, la vue plonge sur le vallon de Saint-André, miraculeusement intact, où se situait la chapelle Saint-André, au confluent du ruisseau du même nom et de celui de Limonest. Les auteurs du XIXème siècle la décrivaient comme une ruine pittoresque, juste propre à exercer le crayon des paysagistes, comme en témoigne un dessin la figurant, avec des restes de fortification. Un chemin dit «du Vieux Château», décrit dans un terrier, se dirigeait à cet endroit, corroborant l’existence d’un vrai «castrum» comprenant plusieurs îlots de maisons adossés à l’enceinte...




Vallon de Saint-André

Plus haut, serti dans l’écrin vert de ses jardins et prairies, s’élève le discret château de Saint-André du Coing. Le chemin de la Ronde où débouche un grand souterrain de collecte conduit à la ferme, plus ancienne. Les deux tours cantonnant la terrasse pourraient être des vestiges de la maison forte «de la Rionde» dont parle le terrier... Aux XVIème et XVIIème siècles, les Sève s’intitulèrent Seigneurs de Saint-André puis, en 1775, R. Quatrefage de la Roquette fit aménager une chapelle, ravagée pendant la Révolution.



Château de Saint-André du Coing

A l’angle du chemin des Seignes et de celui du Lavoir, surgit une silhouette de pierre qui se trouve être l’ancienne entrée du château de Chantemerle, chef d’œuvre de carrier du début du XVIIème siècle. La carrière située au-dessus aurait d’ailleurs servi à bâtir la chapelle de Saint-Fortunat. Le premier seigneur connu est J. Brocquin, marchand lyonnais, célèbre pour avoir joué un grand rôle, avec l’Aumône Générale en 1531, dans la naissance de l’industrie de la soie. Une légende raconte qu’une femme aurait été emmurée dans la grosse tour, aujourd’hui en ruine... Une partie de la demeure donnant sur la route de Limonest a été transformée en 1922 par Tony Garnier, à la demande de l’industriel Gros. Mettant à profit la forte déclivité du terrain, l’architecte a façonné trois grandes terrasses reliées par un savant dédale de coursives et d’escaliers. La nature y déborde sur des pergolas et l’immense séjour s’ouvre sur un patio abolissant l’opposition intérieur-extérieur, inspiré des atrium antiques dont l’étude avait imprégné ses années romaines...




Carrière de Chantemerle

Ancienne entrée
du château de Chantemerle

Le chemin de la Puisatière conduit au David, hameau cossu dont toutes les maisons, rassemblées autour du four et du puits, appartenaient en 1725 à la famille David qui comptait des tailleurs de pierre dès le XIVème siècle.