L’étude des terriers (livres de rente foncière) et de l’atlas de 1783 offre une photographie du territoire villageois qui varie peu jusqu’au XIXème siècle. Les terres et les vignes dont toutes les propriétés sont dotées, se partagent respectivement le territoire au Nord et au Sud, tandis que les prés se cantonnent dans les Gorges d’ Enfer et autour du Méchin. Aux registres d’entrée de l’Hôtel-Dieu de Lyon du XVIIIème siècle, le vin de Saint-Germain est le mieux coté du Mont d’Or, vignoble «quasi domanial», selon G.Durand. L’extraction de la pierre, seconde activité de Saint-Germain, imprime durablement le paysage du centre puis des hauteurs. Fournissant la meilleure qualité de chaux («plus de la moitié de celle dont on se sert à Lyon», assure Alléon-Dulac* en 1765), les fours fonctionnent jusqu’au XIXème siècle. L’un d’eux subsiste, enclavé dans une maison des bords de Saône.

Avec la Révolution qui substitue les communes aux paroisses, le bourg est rebaptisé Mont Hydins, avant que l’arbre dressé par les Montagnards ne soit détruit. Les campagnes connaissent alors l’apogée de l’antique civilisation agraire et les guides ne tarissent pas d’éloges sur l’opulence de ce terroir germinois «non entamé par la circulation moderne» (Josse), «où les champs sont des jardins» (Vingtrinier*)...

Pourtant, l’irruption du chemin de fer dévorant progressivement la plaine fait basculer le destin et le centre de gravité de la commune vers la Saône. De la gare débarquent les premiers touristes jusqu’à l’Hôtel du Sport tandis que surgit une fastueuse résidence modern-style ainsi qu’un grand port de plaisance, à proximité du «Yacht Club» et de l’île du Rigodon. L’emprise ferroviaire s’étend en 1924 avec le triage, appelant l’installation d’une Cité-jardin pour accueillir les cheminots.
Depuis 1886, le village a vu sa population doubler. Ecartelé entre le vieux bourg et la cité, il se cherche un nouveau centre que la nouvelle mairie-école n’a pu recréer...
