Au pourtour des habitations se sont constituées dès le Moyen Age de grandes propriétés foncières, toujours présentes, à l’exception de celles qui longeaient la Saône, disparues suite à la construction de la voie ferrée...
Depuis la rue de la Cornière, on survole les toits aigus de cette romantique demeure émergeant des profondeurs du parc. Elle est conservée par la même famille depuis 1463, date à laquelle A.Bonyin acquit la grange de la Combe du sieur de Villiers. Son gendre Antoine Grollier dont les ancêtres venaient de Vérone est le plus célèbre : maître d’hôtel d’Henri III, il fut emprisonné à Pierre-Scize avant de s’évader par une échelle de corde pour venir finir ses jours à Saint-Germain-au-Mont-d’Or... Sa fille Claudine transmit l’office de Trésorier de France hérité de son père à son fils L. de la Veuhe, seigneur de Curis. Par la suite, en 1618, le prévôt A. Baraillon s’adjugea «la maison forte», déclarée par son fils Gaspard comme un vaste tènement comprenant «vigne, terre, pré, verchères, maison, jardin, grange, tenailler, étables, moulins et autres».

Flanquée de ses quatre tourelles, la demeure borde encore la vieille route qui prolongeait la rue de l’Eglise, sur l’atlas de 1783. Emilie de Virieu s’en inspira pour satisfaire à la nouvelle mode, en dessinant les plans du château actuel, vers 1860. De cette époque sont issus les grands arcs en accolade et la loggia gothique qui réutilise les colonnes de l’ancienne galerie...
Au bout de la rue du Lurin, une imposante bâtisse carrée s’ouvre sur un vaste parc surplombant le val de Saône. Au XIVème siècle, on trouve déjà l’appellation Campus vetus (vieux champ). En 1683, noble N. Manis, homme de loi du chapitre, reconnaissait «maison et chènevière joints ensemble au territoire de Lurin». Plus tard, le domaine, embelli de plusieurs pièces d’eau, fut racheté par F. Mayeuvre, échevin en 1740 et riche négociant, qui paracheva ainsi son ascension...

On sait qu’Etienne de Mayeuvre y possédait une très riche collection de tableaux. Devenu maire sous l’Empire, il vivait en grand propriétaire terrien et recevait le jeune Ampère et sa fiancée Julie dans son «jardin anglais». Sa fille Sabine épousera le maître de poste de Limonest, Leviste de Monbriand. A l’intérieur, le grand salon était autrefois orné de belles cheminées Louis XIV et de fresques, dont une frise d’atlantes, grandes figures d’hommes encadrées de pilastres en trompe l’œil (piliers rectangulaires engagés dans un mur).