D’abord rejeté par la conseil en 1845, le tracé de la voie ferrée fit l’objet d’une commission chargée d’examiner l’aménagement du terrain pour ne pas pénaliser «l’agriculture que le gouvernement républicain (devait) protéger envers et contre tout» ! Pourtant, la ligne Lyon-Châlon fut inaugurée en 1855, puis celle du Bourbonnais et bientôt la gare de marchandises, afin d’écouler les produits locaux (vin, blé, pierres et pavés de grès). Dès 1905, le triage appela un gigantesque faisceau de voies, auquel s’ajouta un pont suspendu à Pierre Blanche.

Proposant une alternative entre ville et campagne, le principe de la garden-city, théorisé par H. Howard en 1898, devait à l’origine permettre une décentralisation urbaine grâce au chemin de fer. Pourtant, en France, les «cités-jardins», parce qu’elles s’appuyaient bien souvent sur des bourgs existants, n’aboutirent pas à la création de villes nouvelles... A Saint-Germain-au-Mont-d’Or, ces petits immeubles, dressés sur le plateau dans l’entre deux-guerres, ménagent au centre une vaste esplanade couverte de jardins ouvriers, réminiscences du lien ancestral à la terre.

Autour de 1900, en opposition à l’historicisme du XIXème siècle qui copiait les styles anciens, s’épanouit en France un courant international, dit Art nouveau, qui marqua profondément l’architecture de l’époque. Issu du milieu des arts décoratifs, il se montra particulièrement créatif en Autriche et en Belgique, entraînant l’abandon des lignes sinueuses au profit des compositions géométriques. Joseph Bissuel, dont le père architecte était né à Bruxelles, y puisa une vigueur étonnante lorsqu’il dessina cette monumentale demeure des bords de Saône pour le maire Antoine Vignon, dont on retrouve le monogramme dans la chapelle. Empruntant à la tradition lyonnaise la simplicité des volumes et le rythme des percements (croisées et demi-croisées), elle mêle les références à l’art japonais (découpe du toit en pagode) et des frises d’inspiration végétale très décoratives (grappes de raisin...).

Œuvre de l’architecte Blachier, cette mairie fut inaugurée en 1913 en présence d’E. Herriot. Son emplacement, à mi-chemin entre le bourg et Port Mâcon, donna lieu à de nombreuses délibérations dès 1909, certains le jugeant trop éloigné du centre.

Attribué aux frères Salagnat, ce bâtiment de 1937 s’amarre au bord de l’eau tel un lumineux paquebot, élevé grâce au mécène G. Dumas dont la stèle commémorative se dresse avenue J. Brel.
