HISTOIRE DE SAINT-ROMAIN-AU-MONT-D'OR

un singulier village (1)

Bien avant les Romains, nos ancêtres de la Préhistoire n'ont pu ignorer les atouts évidents du lieu... N'existe-t-il pas meilleur abri et sentinelle que la profonde grotte de la Luée, cachée dans les replis de la falaise, au-dessus d'une source ? A.Falsan nous rapporte la découverte de ce site en 1866, ainsi que des débris de silex et de foyers. Il mentionne aussi trois haches en jadeite et serpentine (trouvées à Tupoly et Chanelette), outils de pionniers du Néolithique, partis à la conquête de terres nouvelles. Ces derniers pratiquaient des activités agro-pastorales, de chasse et de pêche, d'ailleurs conservées par les populations de la fin de l'âge du Bronze dont on a exhumé des traces en fondant l'extension du bourg...

Jusqu'au XVIIème siècle, on parle de «Saint-Romain de Couzon»
car le village, tout en étant possession des archevêques de Lyon, dépend du château de Couzon. Refusant de contribuer à l'entretien et à la garde de ce dernier, les habitants obtiennent le droit en 1403, de se réfugier au coeur du bourg, dans la tour des dîmes, dont la base est toujours debout. A cette époque, les chanoines de Saint-Paul (appartenant au chapitre de l'église Saint-Paul, l'une des plus anciennes de la ville) font déjà cultiver un fructueux vignoble dont le produit (soit 120 ânées, charges d'un âne correspondant chacune à 93 litres) est conduit sous forme de tonneaux au port de Saône. De là, le vin est embarqué sur les longues sapines jusqu'au port Saint-Paul à Lyon, jouxtant les caves de l'église...

En 1584, l'archevêque Pierre d'Epinac, en échange d'un hôtel à Paris, cède sa seigneurie à la célèbre famille Croppet, originaire de Cologne, détenant le privilège de faire sonner la grosse cloche de la cathédrale Saint-Jean, à Lyon... C'est ainsi que le village, libéré de la tutelle de l'Eglise, sert de refuge en 1630 à un temple protestant transféré d'Oullins et maintenant détruit.

Enfin, au terme d'un long procès entre le châtelain de Couzon et le seigneur de Saint-Romain, le Parlement de Paris établit en 1661 une séparation définitive des juridictions et des territoires. Cela nous vaut des plans et croquis fixant l'image d'une bourgade d'une soixantaine de constructions. Au milieu, serpente le ruisseau de l'Arche, actionnant trois moulins qui se font une âpre concurrence. Plus bas, au-dessus de la Saône, on note un four à chaux, proche d'une tuilerie, ouverte en 1649 et dont une rue a conservé le nom...
Vestiges de l'ancienne tour des dîmes