EN TRABOULANT DANS LE BOURG


Le village, si tranquille, développe un système de passages, ruelles et impasses dont les appellations poétiques invitent au vagabondage... Au milieu, la mairie-école, bâtie à l'échelle du lieu en 1885, proclame la devise du pays «de roc et d'eau», aux côtés des anciennes productions locales, symbolisées par la vigne et les chèvres. Ces dernières, nourries de feuilles de vignes en hiver, firent l'objet d'un élevage intensif jusque dans les années 1950, donnant le fameux fromage du Mont d'Or...

Place de l'Eglise, la maison à l'angle de la rue de la Charrière est construite sur les restes de la vénérable tour des dîmes (la dîme étant l'ancien impôt réservant un dixième des récoltes à l'Eglise). Semblable au donjon du château de Couzon, cette ancienne aula (palais carolingien à l'origine, puis grande salle seigneuriale), fut élevée par l'archevêque Renaud de Forez. Il s'agissait d'un grand bâtiment rectangulaire, probablement coiffé d'un crénelage pour assurer la défense.

A l'entrée Sud, sur la route du Mont Thou, le château de la Bessée se fond dans l'alignement des maisons de pierre dorée. Aux yeux de Vingtrinier en 1880, il était le plus délabré des bâtiments alentour, avec son ancien pilori (pilier de justice) soutenant un balcon. Il a depuis retrouvé de l'allure malgré ses tourelles arasées, avec sa porte à bossages surmontée d'une bretèche (petit mâchicoulis, ici percé d'une meurtrière). On rencontre le même au château d'Anse, datant du XVIème siècle, époque encore très troublée par les guerres de religion. Au milieu du siècle suivant, l'édifice abritait encore le seigneur. Il était protégé, à l'Ouest, par un mur crénelé et, à l'Est, par le fossé naturel du ruisseau de l'Arche, grossi par des sources de montagne.


Ecusson (façade de la mairie)

Passage du Silence

Château de la Bessée

En face, s'élève une maison du XVIème siècle avec sa grosse tour carrée contenant l'escalier, que l'on voit émerger du toit.
Lors de l'implantation de la Zone du nouveau Bourg, une étude archéologique a mis à jour, à l'emplacement de la nouvelle école, des vestiges protohistoriques (débris de céramique, foyer en argile et traces de poteaux...) et les fondations de maisons du XVème siècle, incendiées avant d'être abandonnées deux siècles plus tard. L'exhumation d'un riche mobilier (verrerie et vaisselle peinte s'enrichissant au cours des siècles, monnaie variée dont les «liards» de Trévoux, outils en métal...) atteste le bon niveau de vie des Saromagnots d'alors...

Rue de la Charrière, au numéro 1, derrière un grand porche, s'élève une maison du XVIIème siècle, ornée d'une tour. Au numéro 4, la façade présente une succession de percements pittoresques effectués au gré des besoins et une ample arcade en pierre de Saint-Cyr.
Au numéro 12, on distingue deux baies jumelles coiffées d'un arc en accolade, motif gothique particulièrement prisé des tailleurs de pierre encore au XVIIème siècle.

Par le passage du Silence, en traboulant rue du charroi, on passe, au numéro 6, devant le porche accueillant de la ferme Meunier, cantonné d'un pied de vigne. Desservie par l'Impasse des Lilas, une vaste construction ouvre, rue du Lavoir, ses baies à linteau bombé (XVIIIème siècle) tandis que rue de la République, au numéro 37, les escaliers d'accès extérieur conservés et l'Impasse de la Coquille, témoignent d'une façon de construire typiquement médiévale que l'on retrouvait en ville.