LES JARDINS DE LA FRETA

villégiature du célèbre explorateur Pierre Poivre (1719 - 1786)

Tout au début du poétique chemin de l'Eperon, s'ouvre une haute grille donnant sur des communs...*(*ouverture pendant le mois de l'environnement) C'est tout ce qu'il reste de la fameuse maison de plaisance que Pierre Poivre, de retour à Lyon en 1758, avait fait aménager par G. Soufflot pour y couler une retraite bien méritée. Victime de plusieurs glissements de terrain, l'habitation a été reconstruite à la fin du XIXème siècle.

La vie du grand explorateur mérite que l'on s'y arrête un instant... Fils d'un négociant lyonnais, Poivre étudie à Collonges, chez les Missionnaires de Saint-Joseph, par goût des voyages. Envoyé en Chine, le jeune novice, qui montre plus de zèle à faire du commerce qu'à servir la messe, voit son bras droit emporté par un canon anglais. C'était «un signe de la Providence», écrira-t-il ! Débarqué à Java, il perce le secret du fructueux commerce des épices, pour lequel l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande, se livraient depuis le XVème siècle une guerre acharnée.

Au terme d'aventures rocambolesques, soufflant ainsi aux Hollandais leur monopole, Poivre réussit à subtiliser des plants de muscadier et de giroflier puis à les acclimater aux îles Maurice et de la Réunion, dont il sera nommé Intendant et développera l'agriculture...




Revenu définitivement en 1772 avec sa jeune épouse Françoise Robin, il entreprend d'agrandir considérablement le clos d'A. Merlat. Le parc occupait 13 ha dont une partie, à droite du chemin, comportait un réservoir souterrain, habilement intégré par l'architecte dans le dessin des allées et récoltant l'eau nécessaire à l'important système hydraulique qui alimentait les pièces d'eau. Malheureusement, il ne reste plus aucune trace du jardin chinois et de son buissonnier, ni de toutes les essences exotiques que le voyageur avait planté dans les méandres du ruisseau dévalant la pente, comme l'indiquent les plans anciens.

En revanche, si l'on jette un oeil par dessus le mur, à gauche, on aperçoit encore deux bassins. Au premier, circulaire, succède un second, hexagonal et occupant une terrasse, dans le même axe. Derrière, une large grille ménage une ouverture virtuelle sur le jardin anglais, qu'animait une cascade garnie de rochers et de grottes. Ses puissants piliers servent de piédestal aux figures d'Acis et de Galatée, présence d'autant plus précieuse que la statuaire des jardins créés par Soufflot a disparu... Un chérubin, chevauchant un dauphin, surmonte une rocaille tandis que des urnes (ornées de ces grecques et draperies si caractéristiques du style Louis XVI que l'architecte a utilisées pour l'Hôtel-Dieu) soulignent les angles et l'élégance de l'ensemble.