Nous sommes devant la Chapelle de Saint Fortunat, un sanctuaire ancien, perché autrefois sur le faîte d'une carrière, qui fut longtemps le but d'un
pèlerinage où l'on amenait les enfants de tous âges pour les sanctifier et les guérir. Vous pouvez visiter la chapelle lors de la journée du Patrimoine, en septembre de chaque année.
Nous descendons la rue principale de ce bourg qui s'égrène en plusieurs hameaux tout le long de l'arête de la montagne. L'été, lorsque le soleil brûle et que chantent les cigales, c'est un village de Provence. Nous tournons à droite chemin du Chêne (où est le chêne?) qui se continue chemin du Puits (un coup
d'œil au vieux puits collectif ! ).
Nous sommes route de Poleymieux (Avenue Ampère) et traversons rapidement le hameau de Létrat (étymologiquement: la route). Quelques mètres plus haut, à droite, la maison des Bustes. Il s'agit de quatre bustes retrouvés après la Révolution, et qui pourraient représenter les grands personnages de la Régence. L'été, des mûriers nous cachent en partie les bustes: il y avait là un élevage de vers à soie.
On attaque immédiatement le chemin de Narcel qui traverse les dernières habitations de St-Didier et l'on savoure le vieux chemin bordé de vieux murs rongés par les buis. Les cabornes qui le bordaient sont détruites ou invisibles.
Au bout du chemin, un coup d'œil à la chapelle de Fatima, construite en 196O, modèle réduit de la véritable. Quelques dizaines de mètres plus loin, la tour de Narcel avec l'inscription SF 1882. On dit que, sur la terrasse de cette tour, au siècle dernier, de joyeux drilles banquetaient et faisaient signe à d'autres fêtards qui se livraient à la même occupation dans une construction au sommet du Montlouis, à Champagne. C'est dire que la vue porte loin.
Le balisage nous conduit au chemin des Presles qui nous remet en direction de St Fortunat, pour le trajet du retour. Chemin lui aussi bordé de murs, traversant en plein la grande cité gauloise des Essarts encore si belle au siècle
dernier, avec ses grands chirats, ponctués de cabornes, découpant l' espace en vastes quadrilatères. Sur la gauche vue sur le cirque de Giverdy surmonté par la Roche de St Fortunat (aujourd hui le Mont-Laroche) : là aussi, vestiges gaulois et romains ne sont pas rares.
Nous nous laissons guider ensuite par le balisage jusqu'au hameau de Videpôt, dont le nom cocasse ne doit pas vous amener de mauvaises idées : il doit être rapproché des mots latins "vicus" et "puteus", le village du puits, à moins qu'il ne s'agisse du chemin ("via") du puits.
Reste un petit sentier court et pittoresque. A l'entrée, une inscription gravée : "Il (mot illisible) pour tout le monde.
Cela et sur. Nan doutté pas". A la sortie, trois stations d'un chemin de croix, dont l'une, à la facture différente, porte la
signature : A. BUY, 1779. Nous sommes à quelques pas de la chapelle et de la fin de notre périple.